Le gouvernement australien répond à ses critiques

Le gouvernement australien répond à ses critiques

Le gouvernement australien répond à ses critiques

Posté à 9 November 2012, 8:35 AEDT

Critiques sur les conditions de détention des demandeurs d'asile à Nauru.

Et critiques sur sa politique d'immigration en général.

Cela fait maintenant plus d'une semaine que 300 demandeurs d'asile sur les 377 suivraient une grève de la faim au camp de rétention de Nauru ; même pas une centaine de grévistes selon le gouvernement australien.

La semaine dernière, la Commission australienne des droits de l'Homme a aussi estimé que la politique du gouvernement qui consiste à envoyer des demandeurs d'asile dans des îles reculées du Pacifique le temps de traiter leur demande, c'est-à-dire, pendant plusieurs années… que cette politique contrevient au droit international.

En début de semaine, l'Armée du Salut s'est mêlée de la partie en critiquant les conditions de vie des demandeurs d'asile et du personnel sur place à Nauru qui sont hébergés dans des tentes où la chaleur serait intenable.

Sandi Logan, porte-parole du ministère de l'Immigration a accepté de nous parler.

LOGAN : « Le centre de rétention régional de Nauru est calme. Il y actuellement  un mouvement de protestation suivi par entre 60 et 70 clients dans l'aire de loisirs. Ce mouvement a bien sûr un impact sur le fonctionnement du centre et son efficacité. Mouvement qui affecte les activités sportives, informatiques et la bibliothèque.
Mais enfin, la situation est calme et de l'eau et des repas sont bien sûr disponibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
»

Selon nos informations, un demandeur d'asile observe une grève de la faim depuis 27 jours. La réponse de Sandi Logan.

LOGAN : « Oui. Un client a décidé volontairement de ne plus s'alimenter pendant une période prolongée.  Il est pris en soin et étroitement surveillé par le fournisseur des services de santé. En fait, il vient régulièrement au dispensaire médical local demander de l'assistance. Son état est satisfaisant et nous l'encourageons sans cesse à revoir sa position. »

Que pense le ministère de l'immigration des raisons derrière cette grève de la faim ? À savoir, que les demandes d'asile n'ont toujours pas été traitées après 6 mois et que le ministre de l'Immigration, Chris Bowen, a récemment indiqué que les demandeurs pourraient rester à Nauru pendant plusieurs années. Sandi Logan.

LOGAN : « Le ministère de l'Immigration et de la Citoyenneté ne peut pas s'exprimer au nom des clients. Ces clients ont soumis plusieurs demandes, notamment que leur demande d'asile soit traitée immédiatement, qu'ils soient envoyés ailleurs immédiatement, toute une série de revendications. »

Ces demandes ne seront pas traitées dans l'immédiat car toute la politique du gouvernement tient justement dans la lenteur du traitement des dossiers.

Si le gouvernement australien a décidé d'envoyer les demandeurs d'asile dans des îles en attendant que leur demande soit traitée, c'est justement pour décourager les passeurs, pour les empêcher de mettre le cap vers l'Australie et de dire aux réfugiés potentiels : vous allez en Australie, dans 6 mois vous sortez du centre de rétention et vous commencer une nouvelle vie en Australie.

Le message du gouvernement est différent : si vous arrivez en Australie sans autorisation vous serez envoyé dans une île isolée du Pacifique et vous y resterez pendant des années. Sandi Logan.

LOGAN : « Je crois que le gouvernement a toujours exprimé très clairement sa politique concernant les dispositions qui ont été prises pour ceux qui arrivent illégalement par voie maritime. Et ce n'est pas au ministère de l'Immigration et de la Citoyenneté de débattre de cette politique. Nous mettons en application la politique décidée par le gouvernement du jour et nous continuons à fournir toute l'assistance possible à nos clients de Nauru. »

Sandi Logan, porte-parole du Ministère de l'Immigration.

Nous avons ensuite pris contact avec Ian Rintoul, membre de la Coalition d'action pour les réfugiés, qui suit attentivement l'évolution de la situation et qui est en contact avec les demandeurs d'asile.
Sandi Logan nous a parlé de 60 à 70 grévistes de la faim.

RINTOUL: « Et bien les chiffres n'ont pas du tout bougé. 300 personnes environ font toujours la grève de la faim. Un Iranien le fait aussi depuis 28 jours. On ne dirait pas que la protestation s'essouffle à Nauru. »

60 à 70 grévistes pour le gouvernement, 300 pour les défenseurs des droits des réfugiés… Pourquoi cette grande différence et que se passe-t-il exactement à Nauru ?

RINTOUL : « Il y a un nombre important, très important de personnes qui font grève de la faim. J'ai vu que les agents de sécurité de Nauru avaient pris des photos de gens entrain de manger. C'est vraiment un comportement ridicule. Comme si ces photos aller prouver quelque chose.

Mais enfin tout le monde est d'accord pour dire qu'il y a une grève de la faim, que personne ne leur a dit combien de temps ils allaient rester [à Nauru], ni quand leurs demandes allaient être traitées… Ce sont là les véritables questions. Et il faut y répondre.
»