Nauru: les 15 émeutiers demeurent en liberté sous caution

Nauru: les 15 émeutiers demeurent en liberté sous caution

Nauru: les 15 émeutiers demeurent en liberté sous caution

Mis à jour 20 November 2012, 14:35 AEDT

Décision rendue par le juge lundi. Les 15 demandeurs d'asile sont mis en examen pour les émeutes qui ont causé quelques dommages au centre de détention en septembre.

 

Les cuisines, les tentes et les éclairages ont été endommagés. 
 
Les sans papiers devront donc pointer remplir toutes les conditions requises pour rester en liberté provisoire jusqu'à leur prochaine comparution en décembre. Les 15 demandeurs d'asile risquent entre 2 et 7 ans de prison. 
 
Hier en arrivant au tribunal, les prévenus ont découvert qu'ils n'avaient pas d'avocat pour les représenter. Ils ont vivement protesté  et finalement un avocat nauruan est arrivé, recruté par une ONG australienne de défense des droits de l'homme. 
 
Le Département australien de l'Immigration précise qu'il a donné aux prévenus accès à au téléphone et aux ordinateurs pour qu'ils se trouvent un avocat, mais qu'il n'est pas de son ressort de fournir un avocat aux demandeurs d'asile qui violent la loi dans un autre pays. 
 
Et pourtant, on ne sait toujours pas qui, de l'Australie ou de Nauru, a mis en examen ces demandeurs d'asile. On écoute leur avocat naurauan, Pres-nines Ekwona, au micro de Jeff Waters sur Radio Australie : 
 
«Le plus déroutant dans cette affaire, c'est que les faits ont eu lieu au centre de détention, qui est propriété du gouvernement australien. Du coup, on ne sait toujours pas qui a mis en examen les émeutiers, en clair, s'il s'agit du parquet nauruan, ou s'il s'agit du gouvernement australien. Et cette question n'a toujours pas été éclaircie au cours de l'audience lundi, donc je ne peux pas vous répondre.» 
 
Bizarrerie légale, les émeutiers sont mis en examen au titre d'une loi adoptée au XIXème siècle dans le Queensland, et adoptée par le Parlement Nauruan il y a quelques années. 
 
Quoi qu'il en soit, les prévenus ont le plus grand mal à comprendre comment va se dérouler leur procès. Pres-nines Ekwona : 
 
«J'étais dans le bus lundi matin qui menait les prévenus au tribunal, et j'ai essayé de leur expliquer comment le procès allait se dérouler et ce qu'ils devaient faire. J'ai essayé de l'expliquer le plus simplement du monde, mais je ne peux pas répondre à toutes leurs questions, je n'ai pas accès à tout le dossier, et je les ai rassurés en disant que nous aurions beaucoup de temps pour préparer leur défense. Et ils ont compris.» 
 
Il y avait initialement 17 émeutiers, mais deux d'entre eux, des Sri Lankais, ont choisi la procédure de retour volontaire au pays proposée par les autorités australiennes.