Vanuatu: deux ministres liés au Phocéa entrent au gouvernement

Vanuatu: deux ministres liés au Phocéa entrent au gouvernement

Vanuatu: deux ministres liés au Phocéa entrent au gouvernement

Mis à jour 20 November 2012, 14:40 AEDT

Sato Kilman a été élu Premier ministre hier.

 

Il a nommé Ham Lini vice- Premier ministre et Charlot Salwai au Ministère des Finances. Harry Iauko hérite du portefeuille des services publics. Et deux ministres mis en examen pour être montés illégalement à bord du Phocea, restent au gouvernement : Alfred Carlot reste Ministre des Affaires étrangères et Marcellino Pipite devient ministre du commerce. Les autorités vanuataises ont arrêté des membres d'équipages du voilier Phocea fin juillet, soupçonnés de trafic d'armes, de drogues, et de faux papiers. 
 
Les nouveaux députés vanuatais prêtent serment cette semaine alors qu'un groupe de candidats malheureux promet de porter plainte pour des irrégularités commises durant les élections. Ils affirment que des électeurs ont été soudoyés et espèrent obtenir de la justice la décision de refaire des élections dans les circonscriptions concernées. 
 
Mais il y a un autre député qui est contesté, et pas pour les mêmes raisons : Robert Bohn, élu à Epi Island, au nord d'Efate, l'île-capitale. Né Américain, il a été naturalisé Vanutais. Mais il subit les attaques du Secrétaire-Général du Mouvement de la Coutume Nagriamel. Jeff Patunvanu a l'intention de déposer une proposition de loi au nouveau Parlement qui interdirait aux personnes nées en dehors du Vanuatu de se présenter à des élections. 
 
Robert Bohn, élu avec une large majorité à Epi,  estime qu'une personne naturalisée vanuataise jouit des mêmes droits qu'un Vanuatais de souche: 
 
«Je trouve cette attaque de M. Patunvanu regrettable, et je crois qu'il s'agit de son opinion personnelle, pas de la ligne officielle de son parti Nagriamel. Il va de soi que je suis ouvert à la discussion avec les cadres de ce parti. Bref, l'attaque de M. Patunvanu révèle surtout qu'il a peur et j'aimerais lui dire ainsi qu'à tous les Vanuatais qu'il n'y a pas lieu d'avoir peur que des étrangers prennent le contrôle de leur pays. Mais notre Constitution est très claire sur ce sujet : les personnes naturalisées vanuataises sont des citoyens vanuatais à part entière et devraient donc être acceptés comme tels au lieu d'être relégués au rang de citoyens de deuxième classe. Dans toute démocratie, ce sont les gens qui ont le pouvoir, et ils l'expriment par leur vote. Et les habitants d'Epi ont décidé que j'étais la personne la plus à même de représenter leurs intérêts !» 
 
Et d'après Robert Bohn, les chances de modification de la Constitution concernant les candidats naturalisés vanuatais sont très minces : 
 
«Je pense que la proposition de loi de M. Patunvanu recueillera quelques soutiens et qu'elle attirera en tout cas l'attention. Ça ne me dérange pas de débattre sur cette question. Le pays doit décider s'il est d'accord avec ce que prévoit la Constitution actuelle. Je ne crois pas un instant cependant que l'on en vienne à faire voter un amendement à la Constitution, la plupart des députés seraient contre. M. Patunvanu aurait beaucoup de mal à faire passer un tel amendement.» 
 
C'était le député Vanutais d'origine américaine Robert Bohn, fraîchement élu à Epi. Il répondait à Campbell Cooney sur Radio Australie.