PNG: enquête sur des maladies suspectes autour d'OK Tedi

PNG: enquête sur des maladies suspectes autour d'OK Tedi

PNG: enquête sur des maladies suspectes autour d'OK Tedi

Mis à jour 21 November 2012, 11:10 AEDT

Le gouvernement a envoyé 2 experts médicaux dans la province Ouest pour enquêter sur les saignements suspects des femmes au bord du fleuve Fly, près de la mine d'or et de cuivre d'OK Tedi.

 

Les deux experts travailleront de concert avec un représentant de l'OMS. L'envoi de cette équipe sur place est du aux pressions grandissantes exercées par les députés de la province Ouest. Ils souhaitent savoir si ces saignements inexpliqués sont simplement liés au cruel manque de services de santé dans la province, ou à l'impact de la mine d'OK Tedi sur l'environnement, et donc les riverains.
 
En effet, l'exploitant de la mine, le géant minier BHP Billiton, a reconnu en 1999 qu'on était face à une catastrophe écologique, car la mine rejetait tout simplement tous ses déchets, des millions de tonnes par an, dans le fleuve Fly.
 
C'est la Fondation d'OK Tedi pour le Développement qui a découvert ces problèmes de santé chez les femmes, dans le cadre d'une grande étude sur la santé autour de la mine. On écoute Ian Middleton, président de la fondation: 
 
«Nous avons conduit toute une série de rapports et d'études de terrain, nous avons beaucoup travaillé dans les zones les plus pauvres et les plus défavorisées en matière de services de santé, particulièrement dans le centre et dans le sud. Et bien sûr, les habitants étaient habitués à voir nos enquêteurs sillonner la région, et ils ont fini par nous alerter que dans une zone circonscrite du fleuve Fly, plusieurs femmes s'étaient plaintes de saignements excessifs et anormalement longs. Il est important de noter que personne n'a évoqué de cas de décès. A la suite de quoi, nous avons remis notre rapport au ministère provincial de la santé, mais pas au ministère national de la santé, parce que cette affaire de saignement n'est qu'un détail dans notre étude.» 
 
Le Ministre papou de la Santé, Michael Malabag, a très mal pris de ne pas avoir été aussitôt prévenu par la Fondation d'OK Tedi  pour le Développement: 
 
«Au Ministère de la Santé, nous sommes de plus en plus inquiets de l'impact des mines et des projets d'hydrocarbures. C'est pourquoi je suis très ennuyé que la fondation d'OK Tedi pour le développement ne m'ait pas envoyé directement son rapport.» 
 
Rétention d'informations d'un côté, mais aussi manque cruel de moyens de l'autre. Les habitants de la province ouest sont les plus mal lotis, et de loin, des Papous en terme d'accès aux soins. Du coup, Michael Malabag n'hésite pas à se présenter en sauveur des riverains d'OK Tedi: 
 
«Nous avons appelé les centres de santé dans la région du fleuve Fly, et les personnels de santé nous ont dit ne pas avoir entendu parler des menstrues anormales des femmes, avant la parution du rapport. Mais nous voulons en avoir le cœur net, donc nous avons envoyé des experts de l'hôpital provincial de Daru qui sont arrivés le 16 novembre. Nous devons établir les faits. Par exemple, si nous trouvons une contamination de l'eau du fleuve par des produits chimiques, ou maladie infectieuse, ou problèmes de santé maternelle, nous prendrons des mesures. Les problèmes de santé maternelle par exemple, sont évoqués dans l'étude d'OK Tedi, mais OK Tedi n'a rien fait pour arranger les choses, c'est bien pour cela que j'envoie mes experts sur place.» 
 
Réponse d'Ian Middleton, le Président de la Fondation d'OK Tedi pour le Développement : 
 
«Ce n'est pas notre rôle d'assurer les services de santé dans la province, c'est bien le rôle du gouvernement, et libre à lui de gérer l'affaire comme bon lui semble. Il est vrai que nous agissons pour améliorer la vie des gens, de nos mineurs, mais la couverture de santé n'est pas notre responsabilité.» 
 
C'était un dossier réalisé par Corinne Podger sur Radio Australie.