Australie: la loi contre le bois illégal agace la PNG et l'Indonésie

Australie: la loi contre le bois illégal agace la PNG et l'Indonésie

Australie: la loi contre le bois illégal agace la PNG et l'Indonésie

Mis à jour 23 November 2012, 11:05 AEDT

Lundi le Parlement australien a voté une loi punissant l'importation de bois illégal, ainsi que la transformation du bois illégal sur le sol australien.

 

L'Australie rejoint ainsi l'Union européenne et les Etats-Unis, qui ont des législations similaires. «La loi punit les importateurs australiens et l'industrie du bois, pas nos partenaires commerciaux ni les exportateurs de bois illégal», a précisé le Ministre des Forêts, Joe Ludwig. Environ 9% du bois importé en Australie est d'origine illégale.
 
En Papouasie Nouvelle-Guinée, cette loi australienne suscite l'inquiétude. Le pays est connu pour être le théâtre d'une exploitation forestière illégale à grande échelle. Mais les professionnels papous de l'industrie du bois estiment que les conditions et certifications désormais demandées par l'Australie vont aussi freiner les exportations papoues de bois d'origine légale.
 
Et Kanawi Pouru, le directeur de l'Autorité Papoue des Forêts, regrette de ne pas avoir été consulté : 
 
«Comme l'Australie est notre plus grand marché d'exportation de bois transformé, nous aurions aimé être consultés avant le vote de cette loi, ils auraient pu faire un voyage en Papouasie Nouvelle-Guinée, rencontrer les entreprises, comprendre comment fonctionne le greffage, etc. histoire de comprendre comment nous avons organisé l'exploitation forestière dans notre pays. Mais l'Australie a raté l'occasion.» 
 
De toutes les manières, sur le papier les lois papoues contre l'exploitation forestière illégale sont déjà suffisamment efficaces pour garantir que les exportations vers l'Australie sont légales: 
 
«Nous avons de très bonnes lois, elles fonctionnent, elles sont appliquées. Après, la difficulté, c'est de doter toutes les autorités, dont la mienne, de ressources financières et en personnel suffisantes pour faire respecter pleinement les lois.» 
 
Kanawi Pouru répondait à Campbell Cooney sur Radio Australie. 
 
Notons que l'Indonésie non plus n'a pas apprécié cette nouvelle loi australienne et elle envisage de poser un recours devant l'OMC, estimant que la nouvelle loi australienne équivaut à une entrave au libre-échange.