Réintégration de Fidji dans l'ACP

Réintégration de Fidji dans l'ACP

Réintégration de Fidji dans l'ACP

Mis à jour 26 November 2012, 9:00 AEST

Le sommet des 15 pays du Pacifique membres du groupe ACP s'est clos à Port-Moresby, la capitale papoue en fin de semaine dernière.

Le groupe ACP a été fondé par la Convention de Lomé en 1975. C'est un programme de coopération qui lie aujourd'hui les 27 Etats de l'Union Européenne et 79 pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique. La convention repose essentiellement sur des préférences tarifaires qui permettent aux pays ACP d'accéder plus facilement aux pays européens. Elle prévoit aussi des fonds spéciaux garantissant la stabilité des prix à l'achat pour les produits agricoles et miniers.

Au centre des discussions de ce sommet du groupe Pacifique de l'ACP: la réintégration de Fidji, qui n'a pas participé aux sommets depuis sa suspension du Forum des Iles du Pacifique en 2009. Suspension elle-même motivée par une autre suspension, celle de la Constitution à Fidji, décidée par le Premier ministre Franck Bainimarama. On écoute l'analyse de Stephen Ratuva, chercheur au Centre des Etudes du Pacifique à l'Université d'Auckland en Nouvelle-Zélande:

«Le groupe Pacifique de l'ACP réunit les principaux pays du Pacifique à part l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Donc il est bien plus facile pour les Etats insulaires du Pacifique d'imposer la présence de Fidji dans le cadre de l'ACP, même si, j'en suis sûr, les gouvernements australien et néo-zélandais ne doivent pas voir cela d'un très bon œil. Mais la réintégration de Fidji dans le groupe ACP est certainement un premier pas vers sa réintégration, à terme, au sein du Forum des Iles du Pacifique.»

Pourtant Stephen Ratuva estime que cela prendra encore du temps, et que cette réintégration de Fidji au sein du Forum des Iles du Pacifique pourrait en réalité ne se faire qu'après la tenue des élections démocratiques promises en 2014 par le Premier ministre par intérim Franck Bainimarama. En attendant, l'économie devrait aller plus vite que la politique :

«L'ACP est par essence une organisation économique, tandis que le Forum est une institution politique, même s'il intervient dans les négociations de libre-échange entre le Pacifique et le reste du monde. Or les petites nations du Pacifique ont vitalement besoin de nouer des liens avec l'Union européenne, et elles sont bien conscientes du rôle-clé de Fidji dans l'économie du Pacifique. Déjà sur le plan logistique, c'est la plaque-tournante de la région.»

Mais il n'y a pas que Fidji, la Papouasie Nouvelle-Guinée est la deuxième locomotive économique de la région, et c'est bien elle qui a provoqué la réintégration de Fidji dans le groupe ACP :
 
«Fidji et la Papouasie Nouvelle-Guinée ont récemment et séparément signé des accords économiques avec l'Union européenne. Et les petits Etats insulaires veulent aussi conclure ce genre d'accords, mais ils aimeraient que ce soit une négociation collective avec l'Union européenne. Le groupe Pacifique de l'ACP ne peut fonctionner que si la Papouasie Nouvelle-Guinée et Fidji sont actifs. D'autre part, Fidji est réintégré au groupe ACP parce qu'il a des liens économiques très forts avec la Papouasie Nouvelle-Guinée. Les flux de capitaux entre les deux pays ont augmenté, et ils représenteront 80% de l'activité économique du Pacifique dans 10 ans. Donc c'est bien la Papouasie Nouvelle-Guinée qui a poussé pour réintégrer Fidji, et pour des raisons avant tout économiques.»

Stephen Ratuva, chercheur à l'Université d'Auckland, répondait aux questions de Géraldine Coutts sur Radio Australie.