Un linguiste du Pacifique jette l'éponge

Un linguiste du Pacifique jette l'éponge

Un linguiste du Pacifique jette l'éponge

Posté à 27 November 2012, 8:16 AEDT

Après des décennies de bons et loyaux services, Galumalemana Afeleti L. Hunkin, renonce à ses fonctions de conseiller.

Dans le domaine des langues du Pacifique,  Galumalemana Afeleti L. Hunkin, est considéré comme l'un des plus grands experts de la région. Professeur de samoan à Victoria University de Nouvelle-Zélande, il ne veut plus travailler comme conseiller auprès du ministère néo-zélandais des Affaires des îles du Pacifique après la présentation du dernier Plan d'éducation Pasifika et il nous dit pourquoi.


GALUMALEMANA AFELETI L. HUNKIN : « Je suis continuellement frustré. Je conseille depuis des années au gouvernement de prendre au sérieux les langues [du Pacifique] et ça ne fait que tomber dans l'oreille d'un sourd. Et je l'ai fait pendant si longtemps et rien ne change. Le Plan d'éducation Pasifika est fait de platitudes et ne prévoit rien pour que les enfants progressent à l'école. Alors je me suis dit : à quoi bon continuer ? »


Galumalemana Afeleti L. Hunkin est en fait persuadé que la Nouvelle-Zélande ou du moins le gouvernement a décidé d'abandonner le bilinguisme pour les enfants de la diaspora du Pacifique en Nouvelle-Zélande.


GALUMALEMANA AFELETI L. HUNKIN : «  Oui, c'est évident dans ce dernier Plan d'éducation Pasifika. Ils l'avaient déjà fait dans des Plans d'éducation précédents et nous avons fini par interpeller le ministre de l'Éducation. Ils sont revenus à la charge avec le dernier Plan et je ne pouvais pas continuer comme ça. Il vaut mieux que je me rende utile à la communauté quelque part ailleurs en Nouvelle-Zélande. »


Les partisans du bilinguisme maintiennent que ce bilinguisme permettrait de relever en fait le niveau de l'éducation générale.


GALUMALEMANA AFELETI L. HUNKIN : « Pas seulement ça. Il améliore également l'efficacité d'une communauté. Notamment la communauté samoane de Nouvelle-Zélande en ce qui me concerne. Si les normes de l'éducation s'améliorent, l'accès à de meilleurs emplois s'améliore aussi sans oublier les salaires.
Et tout le monde en bénéficie. La Nouvelle-Zélande, la communauté [samoane] sans parler de la langue qui reçoit un énorme coup de pouce… Une langue que l'on pourra préserver.
Notre plus grande crainte est que cette langue meurt sur cette terre. La langue samoane est maintenant menacée en Nouvelle-Zélande tout comme les langues des îles Cook, de Niue et de Tokelau le sont aussi en Nouvelle-Zélande.
»