Nouvelle-Zélande : la diaspora du Pacifique dans les mailles des usuriers

Nouvelle-Zélande : la diaspora du Pacifique dans les mailles des usuriers

Nouvelle-Zélande : la diaspora du Pacifique dans les mailles des usuriers

Posté à 29 November 2012, 8:28 AEDT

Un nouveau rapport du ministère des Affaires des îles du Pacifique confirme.

Selon ce rapport coécrit par la Commission aux Affaires familiales, ces usuriers et les obligations culturelles sont devenus un véritable fardeau pour  des familles océaniennes à faibles revenus.


Un exemple : vous empruntez 10 000 dollars pour acheter une voiture. Avec les taux d'intérêt, vous finirez par payer 40 000 dollars. C'est-à-dire qu'il vous faudra vendre votre maison et même la voiture pour rembourser votre dette. C'est ce qui est arrivé à une Océanienne de Nouvelle-Zélande, Felisi Bestwick et sa mésaventure est loin d'être un cas isolé.


James Prescott, le Commissaire aux Affaires familiales confirme.


PRESCOTT : « Avant nous avions des preuves anecdotiques, nous savions que ce genre de choses existait en Nouvelle-Zélande depuis des années mais le rapport a entériné ces preuves. »


Mais est-ce que des familles du Pacifique sont véritablement ciblées ? Est-ce que ces usuriers sans scrupules visent uniquement les Océaniens ?


PRESCOTT : « Non, non, ils ne ciblent pas une ethnie en particulier. Ils ciblent simplement les couches défavorisées, les faibles revenus parce toute personne dans cette situation cherche parfois trouver des fonds désespérément. Il s'agit des faibles revenus et pas nécessairement des Insulaires du Pacifique. »


Autre fardeau pour ces familles : les donations aux Églises qui sont parfois considérées comme un facteur d'endettement. Est-ce vrai ? Nous avons au bout du fil le révérend Tevita Finau, de l'Église méthodiste tongienne de Mount Hermon, toujours en Nouvelle-Zélande.


FINAU : « Pas nécessairement. Beaucoup de personnes planifient leur budget en fonction de leurs donations pour toute l'année. Mais ils y en a quelques-uns qui ne planifient pas et qui ne font pas d'économie. Planifier des économies est une bonne solution. »


Et l'Église ne fait pas pression sur ces familles tongiennes pour qu'elles donnent davantage ?


FINAU : « Non, il n'y a pas de pression dans ce sens. Mais parfois, les annonces d'une collecte sont publiques alors les gens pensent qu'il faut donner davantage parce que l'annonce a été publique, alors ils veulent donner le plus possible. »


Selon le révérend Finau l'église encourage maintenant les dons anonymes et les noms des donateurs ne sont plus lus sur la place publique.
Pour en revenir aux usuriers sans scrupules, nous avons demandé James Prescott si ces prédateurs n'enfreignaient pas la loi ?


PRESCOTT : « Ils travaillent dans le cadre de la loi et de toute évidence ils connaissent les lois sur le bout des ongles notamment en terme des procédures de recouvrement des dettes et des énormes pénalités qu'ils peuvent imposer sur ces familles. Une connaissance qu'ils utilisent dans leurs propres intérêts. Peut-être qu'un examen des régulations qui gouvernent ces organismes [de crédit] pourrait améliorer le système en s'assurant que l'emprunteur soit véritablement au courant de ce qu'il fait. Mais un contrôle des taux d'intérêt ne fonctionnera pas à long terme puisque c'est le marché qui détermine les résultats. »