Les négociations de Doha ont déçu le Pacifique

Les négociations de Doha ont déçu le Pacifique

Les négociations de Doha ont déçu le Pacifique

Posté à 10 December 2012, 8:48 AEDT

Pays du Pacifique qui sont déjà touchés par les conséquences du changement climatique.

L'édition 2012 de la Conférence des Nations unies sur le changement climatique s'est ouverte le 26 novembre à Doha, au Centre National des Conventions du Qatar, et s'est terminée le  7 décembre.
Le but des négociations était  de finaliser un accord sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique, pour remplacer le Protocole de Kyoto.

Certaines nations ont appuyé le nouvel accord mais d'autres pays, la Russie, le Japon, le Canada et la Nouvelle-Zélande, par exemple, ont préféré se retirer en disant que l'accord en question ne servait à rien puisque les grands pollueurs, notamment la Chine et l'Inde, refusent de se plier à des réductions ciblées et juridiquement contraignantes.

Maria Tiimon Chi-Fang, conseillère au climat auprès des autorités de Kiribati, était à Doha et n'a pas caché sa déception.


CHI-FANG : « Ça nous rend triste, tout particulièrement pour les Océaniens qui ont appris que la Nouvelle-Zélande, spécialement la Nouvelle-Zélande, qui est si proche des îles du Pacifique et qui s'est retirée avec le Canada alors que Kiribati est l'une de ces petites nations océaniennes du Pacifique qui pourrait être rayée de la carte par la montée du niveau des eaux. C'est un résultat vraiment décevant. »

L'Association des petits États insulaires (AOSIS) est aussi déçue par les pays riches qui n'auraient pas compris l'urgence du problème du changement climatique. Maria Tiimon Chi-Fang.

CHI-FANG : « Vous savez, il y avait tellement de discussions et de négociations et les petites nations océaniennes sont déçues parce que les pays riches ne semblent guère se soucier de la réalité sur le terrain. Ils font beaucoup de négociations et ont de nouvelles propositions,  mais ne se soucient pas de la réalité des gens au quotidien, surtout les plus vulnérables comme Kiribati et Tuvalu et les autres îles de faible altitude dans le Pacifique. »

En clair, et le Président de Nauru, Sprent Dabwido l'a déjà dit dans le passé, pour Maria Tiimon Chi-Fang, l'heure n'est plus aux discussions mais à l'action.


CHI-CHANG : « Exactement, parce que ça continue, ils n'arrêtent pas de parler, de négocier, de proposer mais tristement, l'action tourne au ralenti et c'est très très décevant.
Que des négociations et pas d'action. Même la Banque mondiale et le Secrétaire-général des Nations Unies parlent de cette crise, même le Président des États-Unis dit qu'il est au courant… Mais pas d'action, alors c'est frustrant, mais nous ne lâcherons pas, jamais, nous continueront à travailler pour notre peuple, pour les peuples du Pacifique et tout spécialement pour les plus vulnérables.
»

Ces propos ont été enregistrés durant la dernière journée des discussions. Pour finir, pas de nouvel accord, mais les délégués des près de 200 pays ont accepté de prolonger le Protocole de Kyoto jusqu'en 2020 et de reconnaître ce protocole comme le seul accord juridiquement contraignant pour réduire les gaz à effet de serre.

Une décision appréciée par les pays en développement qui ont toutefois condamné le fossé qui existe entre les résultats scentifiques du changement climatique et la volonté des gouvernements à faire face au problème.