Rapatriement en fichier numérique des masques du Malagan

Rapatriement en fichier numérique des masques du Malagan

Rapatriement en fichier numérique des masques du Malagan

Posté à 17 December 2012, 10:06 AEST

Masques de rite mortuaire pris dans la province papoue de Nouvelle-Irlande.

Ce rapatriement ou restitution numérique est une pratique controversée mise à l'essai par l'Université du Queensland  qui a pris des images en 3 dimensions de ces masques des cérémonies du Malagan qui ont été à l'origine emportés par centaines en Europe et en Australie par des missionnaires et des administrateurs coloniaux souvent allemands.


Graeme Were, de l'Université du Queensland, travaille à ce projet depuis plus de 10 ans avec les communautés concernées de Nouvelle-Irlande. Et il nous a déclaré que le rapatriement numérique n'était pas parfois très populaire.


WERE : « De toute évidence, c'est problématique dans de nombreux cas. Je veux dire ; qui veut récupérer des images numériques quand c'est l'objet d'origine que l'on réclame. »


Mais comment des villages isolés de Papouasie Nouvelle-Guinée vont télécharger d'énormes fichiers numériques d'images en 3 dimensions. Ça paraît un peu difficile ?


WERE : « Absolument, c'est la raison pour laquelle avec ce projet nous travaillons avec une société de design numérique de Brisbane qui a mis au point un processus très simple avec des fichiers très petits facilement téléchargeables.  »


Nous parlions de l'impopularité du rapatriement numérique quand on réclame l'original, mais dans le cas des masques du Malagan, la communauté de Nouvelle-Irlande n'est pas intéressée par les originaux. Les explications de Graeme Were.


WERE : « C'est intéressant cette question de savoir si quelqu'un veut récupérer l'original ou une copie virtuelle en 3 dimensions. Nous avons mené toute une série de consultations dans des villages [de Nouvelle-Irlande] et les gens ne voulaient pas la restitution des objets physiques… Des objets qui auraient dû être détruits qui n'avaient plus lieu d'être, ont-ils dit. Et parce qu'ils ont été fabriqués il y a des centaines d'années, les villageois ressentaient qu'ils n'avaient plus la maîtrise de ces objets. Ils les percevaient comme des objets ayant une certaine puissance, une force de vie. »


En clair, pas vraiment chaud à l'idée d'avoir l'objet entre les mains, l'écran de l'ordinateur suffira…


WERE : « Dans ce village, ils sont au courant du 3-D, les gens ont des téléphones et des ordinateurs portables. Et en voyant sur ordinateur les images des objets en 3D, ces images n'avaient pas la même puissance que l'objet matériel. Toutefois, ils ont vu du potentiel dans ces images en 3 D puisqu'elles permettent aux gens de se reconnecter avec le passé. Elles permettent aussi de reproduire des sculptures que de nombreuses personnes et de nombreux clans ont oublié. »