Fidji: «le plus important est d'unifier la société fidjienne»

Fidji: «le plus important est d'unifier la société fidjienne»

Fidji: «le plus important est d'unifier la société fidjienne»

Mis à jour 21 December 2012, 13:15 AEST

Le projet de la nouvelle Constitution a été remis ce vendredi matin à 10h locales au Président de la République, Ratu Epeli Nailatikau.

 

La remise du brouillon a pris deux jours de retard à cause du cyclone Evan et de son cortège de coupures d'électricité.  
 
Le projet a été élaboré par une poignée de sages et d'experts constitutionnels en se basant principalement sur la précédente constitution, abrogée par Franck Bainimarama, et sur les propositions de plus de 7000 citoyens fidjiens. 
 
Il y a eu des fuites sur Internet dès le début du mois. On sait d'ores et déjà donc que le nombre de sièges au Parlement devrait rester inchangé, mais le Sénat devrait être supprimé, et le mandat des députés réduit à 4 ans. Et surtout, la nouvelle Constitution limiterait à 2 le nombre de mandats maximum pour le Premier ministre. Cette nouvelle Constitution aura pour mission d'unifier les deux principales communautés, les Indigènes, et les Indo-Fidjiens. On écoute le Colonel Mosese Tikoitoga, chef d'Etat-major de l'armée fidjienne : 
 
«Le plus important pour nous est de poursuivre les changements que nous avons initiés en 2007, à savoir unifier la société fidjienne, et faire en sorte que tous les Fidjiens, quelle que soit leur origine, soient patriotes, en clair, qu'il n'y ait pas de discrimination ni de stratégie politique basée sur les races à Fidji.» 
 
Avant le coup d'Etat de Franck Bainimarama en 2006, le système électoral fidjien était ouvertement discriminatoire. Les indigènes fidjiens élisaient leurs représentants de leur côté, les Indo-Fidjiens élisaient des Indo-Fidjiens. En supprimant les élections, l'armée a supprimé le vote communautaire. Et se pose donc en garante de la lutte contre le racisme. Ecoutons le point de vue de Brij Lal, historien Indo-Fidjien à l'Université Nationale Australienne : 
 
«Le Colonel dit en gros que l'armée doit avoir un rôle de gardien des valeurs de la nation. Mais l'armée est constituée à 99% d'indigènes fidjiens. Et pour moi, confier la construction d'une société multiraciale à une institution quasi exclusivement indigène, ça pose problème.»
 
Brij Lal répondait à Bruce Hill sur Radio Australie.