L'après Evan: l'économie dans l'oeil du cyclone

L'après Evan: l'économie dans l'oeil du cyclone

L'après Evan: l'économie dans l'oeil du cyclone

Mis à jour 24 December 2012, 16:04 AEDT

Les économies samoane, et dans une moindre mesure, fidjienne auront du mal à se remettre du récent cyclone. 

 

Au Samoa, plus de 5500 personnes sont toujours en centres d'hébergement d'urgence suite au passage du cyclone Evan le 14 décembre, qui aussi frappé Fidji, mais moins durement. 
 
Le bilan des victimes du cyclone est toujours de cinq morts au Samoa, mais 9 personnes sont toujours portées disparues, 7 étaient sur des bateaux de pêche, deux sur terre, quand Evan est arrivé. 
 
Selon le Premier ministre samoan, Tuilaepa Sailele, la facture du cyclone se montera à plusieurs centaines de millions de dollars. Yangzheng Yang, le conseiller du Fonds Monétaire Internationale pour le Pacifique: 
 
«Au Samoa, le cyclone Evan a fait autant voire plus de dégâts que le tsunami en 2009 donc l'économie est très durement touchée. Beaucoup de maisons se sont envolées à cause du vent, des routes et des ponts se sont effondrés, les réseaux d'eau et d'électricité sont très endommagés. En plus, beaucoup de champs ont été dévastés et les récoltes seront mauvaises. En fait ce problème est déjà d'actualité. L'économie du Samoa dépend beaucoup du tourisme, or beaucoup d'infrastructures ont été détruites. Donc la reconstruction va prendre énormément de temps.» 
 
A Fidji, l'aide du gouvernement français, de celui de la Nouvelle-Calédonie et de la Croix Rouge Française est arrivée samedi midi à Suva. A bord de l'avion cargo militaire CASA, une équipe de la sécurité civile, mais aussi une unité de traitement de l'eau capable de fournir de l'eau potable à 5000 personnes par jour, et également trois tonnes de générateurs, pompes à eau, tentes, rations alimentaires, etc. 
 
11 000 personnes sont toujours dans des abris précaires. Mais les vols ont repris normalement vendredi et la compagnie nationale, Air Pacific, a annoncé des réductions sur les billets d'avion pour les touristes pour le Réveillon du Nouvel An. Les autorités craignent les annulations des touristes et soulignent bien qu'aucune épidémie ne s'est déclarée à Fidji au lendemain du cyclone. La plupart des hôtels ont rouvert leurs portes, enfin presque. Yangzheng Yang: 
 
«Les conséquences sont un peu moins graves que ce qu'on craignait initialement. Mais tout de même, c'est l'ouest de Fidji qui a été le plus touché, or c'est la zone la plus touristique et c'est aussi une région productrice de canne à sucre, donc c'est une région importante pour l'économie du pays. Les infrastructures agricoles et touristiques ont subi beaucoup de dommages. Par exemple, l'un des meilleurs hôtels de Nandi a du fermer ses portes et ne pourra rouvrir qu'en mars.» 
 
Reste qu'une fois encore, cette catastrophe naturelle touche des pays qui ne sont pas préparés. En deux ans, Fidji a essuyé des inondations majeures en 2009, puis deux inondations encore en 2012. Quant au Samoa, il se relevait à peine du tsunami de septembre 2009: 
 
«Les gouvernements du Pacifique sont bien conscients de la vulnérabilité de leurs pays aux catastrophes naturelles. Ils provisionnent des fonds en cas d'urgence. Mais c'est insuffisant. Les gouvernements devraient vraiment réduire leur dette graduellement, car les catastrophes naturelles sont par définition imprévisibles et peuvent se répéter en quelques mois. Cela permettrait d'avoir un peu de marge de manœuvre. Il faudrait aussi qu'ils réduisent leur déficit public. Tous ces efforts paient quand ces pays traversent des épreuves comme celle-là.» 
 
Yangzheng Yang répondait à Bruce Hill sur Radio Australie.