Fidji: «ça ne me surprend pas du tout»

Fidji: «ça ne me surprend pas du tout»

Fidji: «ça ne me surprend pas du tout»

Posté à 27 December 2012, 11:40 AEST

Le Président du Congrès des Syndicats, Daniel Urai, réagit à la publication de la liste des écoutes du régime de Franck Bainimarama.

 

Le Président du Congrès des Syndicats fidjiens figure sur cette liste de 80 personnalités, principalement des politiques et des responsables d'associations, bref des opposants au régime de Franck Bainimarama. Elle a été rendue publique par le blog Coupfourpointfive, un blog de l'opposition qui se présente comme la meilleure source d'information non censurée sur Fidji.
 
La liste comprend entre autres Mahendra Chaudhry, le chef du Parti Travailliste et ancien Premier ministre en 1999, ainsi que Laisenia Qarase, le Premier ministre déposé par Franck Bainimarama et son coup d'Etat en 2006. On écoute la réaction de Daniel Urai : 
 
«Ça ne me surprend pas du tout, d'ailleurs j'ai eu récemment une conversation avec le patron d'un magasin en ville, et il m'a avoué que son magasin, ses bureaux étaient en fait une couverture, et que son travail était de surveiller des gens pour les services secrets. Il donne des renseignements du genre où le type est allé, dans quel bar, pour quelle réunion, etc. Et ce monsieur m'a confié qu'il m'avait déjà surveillé et suivi. Et il n'y a pas que ça, récemment quand j'étais en Australie, quelqu'un m'a dit que je devrais faire attention à ce que je dis quand je téléphone à Fidji, car les lignes sont sur écoute.» 
 
Ces écoutes, si elles sont avérées, car nous n'avons pas de preuve matérielle de ce qu'avancent et le blog Coupfourpoinfive et Daniel Urai, ces écoutes donc, seraient avant tout faites dans la perspective des élections démocratiques promises pour 2014 par le Premier ministre Franck Bainimarama. Daniel Urai : 
 
«Il est évident que si nos conversations sont sur écoute, les gens qui écoutent ont accès à toutes les informations qu'ils souhaitent sur notre façon de nous préparer pour les élections démocratiques promises en 2014. Maintenant il va de soi que nous ne pouvons pas les arrêter, déjà, à qui pourrions nous nous plaindre de ces écoutes, qui nous écouterait dans ce pays ?» 
 
Pourtant les écoutes téléphoniques et d'autres formes de surveillance ne sont pas inédites à Fidji. Dans les années 70, le régime de l'époque avait cédé à la tentation. 
 
«Il y a une différence entre les années 70 et aujourd'hui : la technologie n'a rien à voir et c'est très facile de mener des écoutes téléphoniques, et avec peu d'argent, les services de renseignement peuvent écouter beaucoup, beaucoup de gens en même temps grâce aux technologies de l'information.» 
 
Daniel Urai, le Président du Congrès des Syndicats fidjiens, répondait à Bruce Hill sur Radio Australie.