Fidji: «nous voulons une copie officielle»

Fidji: «nous voulons une copie officielle»

Fidji: «nous voulons une copie officielle»

Posté à 27 December 2012, 11:38 AEDT

Mahendra Chaudhry, le chef du Parti Travailliste, accuse Franck Bainimarama de torpiller en douce le processus de consultations sur la future Constitution. 

 

Le premier jet du texte suprême a été remis au Président de la République, Ratu Epeli Nailatikau vendredi dernier. Mais depuis la réunion de consultation prévue par la Commission constitutionnelle avec les partis politiques, les ONG et les autres groupes de la société civile a été purement et simplement annulée, sans justification aucune, après avoir d'abord été repoussée.  
 
Le chef du Parti Travailliste Mahendra Chaudhry y voit le résultat de pressions exercées par le gouvernement de Franck Bainimarama sur la Commission constitutionnelle. 
 
Mais l'une de ses membres, Peni Moore, affirme que les commissaires n'ont pas subi de pressions. Selon elle le cyclone Evan a retardé le travail de la Commission la semaine dernière, entre autres en raison des coupures d'électricité, et ensuite, explique-t-elle, le cabinet du Premier ministre a demandé aux commissaires de ne pas discuter du brouillon de Constitution avec qui que ce soit.
 
«Et personne n'a contesté cette demande, car nous ne sommes plus membres de cette Commission. Dès lors que nous avons remis notre copie au Président de la République, notre travail s'arrête là», a déclaré Peni Moore sur la radio néo-zélandaise internationale mardi. 
 
Mahendra Chaudhry, le chef du Parti Travailliste, ne l'entend pas de cette oreille. Pour lui la Commission constitutionnelle joue toujours un rôle essentiel, en tant que rédactrice du projet : 
 
«Je n'ai pas la moindre idée du contenu de ce projet de Constitution, même s'il circule sur certains blogs. Mais nous voulons avoir accès à une copie officielle, là c'était un peu compliqué parce que c'était Noël, mais nous allons faire pression, avec d'autres partis et ONG. Et nous voulons mettre au point avec eux une stratégie pour les semaines qui viennent et qui seront cruciales. Nous voulons rétablir la communication avec la Commission constitutionnelle, mais d'abord obtenir une copie officielle !» 
 
Ce document est la première étape du retour de Fidji à la démocratie, prévu en 2014 avec la nomination d'un conseil de transition qui fera office de gouvernement le temps -en l'occurrence, 6 mois- d'organiser les premières élections démocratiques depuis plus de 8 ans.
 
Et avant cela, il faut bien que la Constitution soit votée et ce sera donc le rôle de la future Assemblée Constituante. Rappelons que depuis le coup d'Etat de Franck Bainimarama en 2006 et sa décisions de suspendre la Constitution en 2009, il n'y a plus de Parlement à Fidji. Mahendra Chaudhry : 
 
«L'Assemblée Constituante ne sera en aucun cas le porte-parole du peuple fidjien, car elle ne sera pas élue, mais bien nommée par le Premier ministre, Franck Bainimarama. Et nous ne savons pas qui siègera dans cette assemblée. C'est pourquoi il est si important que les Fidjiens aient leur mot à dire sur ce projet de Constitution, qu'ils disent ce qu'ils aimeraient améliorer, ce qu'ils considèrent comme acceptable, ou ce sur quoi ils ont des réserves. Je pense qu'il est vraiment important d'avoir un débat public sur ces questions.» 
 
C'était Mahendra Chaudhry, le chef du Parti Travailliste, au micro de Bruce Hill sur Radio Australie.