Timor Leste: les policiers apprennent à enquêter

Timor Leste: les policiers apprennent à enquêter

Timor Leste: les policiers apprennent à enquêter

Posté à 28 December 2012, 13:30 AEDT

Le retrait de la Mission des Nations-Unies fin novembre a laissé un vide. Mais certains pays, comme l'Australie, poursuivent leur coopération avec la police est-timoraise.

 

Le gouvernement australien a maintenu 33 policiers dans le pays pour une mission de deux ans. Leur rôle : combler des lacunes de formation, mais certainement pas faire le travail des policiers est-timorais à leur place, d'autant que la police est-timoraise a officiellement pris le contrôle du pays il y a un an et demi. On écoute Charmaine Quade, la cheffe de mission de la police australienne au Timor Leste : 
 
«Ils ont parcouru un sacré chemin, la police est-timoraise est toute jeune, elle n'a été créée qu'il y a 12 ans, à l'indépendance. Et elle a appris énormément et très vite pendant cette période. Nous ne faisons qu'améliorer son fonctionnement, mettre sur pied des procédures et une méthodologie. Mais ce sont eux qui ont fait le gros du travail.» 
 
Et les policiers est-timorais semblent satisfaits du coup de pouce australien, à l'instar de Lino Saldanha : 
 
«C'est bien, la présence des Australiens nous permet d'apprendre en faisant, au lieu de parler, parler, et finalement apprendre peu.» 
 
En 12 années d'indépendance, le Timor Leste a fait du chemin et aujourd'hui le chef de la police national se dit confiant. Alfonso de Jesus : 
«Aujourd'hui le Timor Leste est calme et pacifique. Et chacun contribue à ce climat de sérénité et de paix, et nous pensons que cela va continuer comme ça.» 
 
Concrètement, la formation dispensée par les Australiens recouvre l'enquête, la gestion des ressources humaines et la gouvernance. Et d'après Cillian Nolan, chercheur à l'International Crisis Group, les policiers est-timorais ont avant tout besoin d'apprendre les méthodes d'investigation:  
 
«Quand je parle avec les commissaires de police, ils me disent souvent que leur plus grande frustration c'est de ne pas être capable de faire des enquêtes qui mènent effectivement à la mise en examen des coupables, par exemple dans les cas de bagarres violentes entre groupes de jeunes. Souvent les gens savent qui sont les coupables, mais la police ne parvient pas à réunir les preuves suffisantes pour aboutir à une condamnation. Et cette lacune produit des engrenages de la violence dans certains endroits.» 
 
Cillian Nolan au micro de Sara Everingham sur Radio Australie. 
 
L'International Crisis Group est une ONG de documentation et de prévention des conflits, présidée par Louise Arbour, ancienne haute-commissaire des Nations-Unies aux Droits de l'Homme, et au conseil d'administration duquel siègent entre autres Kofi Annan et Laurence Parisot, la patronne des patrons en France.