Antarctique: 6 hommes retentent l'expédition de Shackleton

Antarctique: 6 hommes retentent l'expédition de Shackleton

Antarctique: 6 hommes retentent l'expédition de Shackleton

Mis à jour 2 January 2013, 14:19 AEDT

Parmi eux, deux Australiens, dont le chef de l'expédition, Tim Jarvis.  

 

Aujourd'hui 6 hommes, dont deux Australiens, partent en Antarctique, marcher dans les traces de Sir Ernest Shackleton. 
 
En 1916, l'Endurance, le bateau de l'explorateur polaire irlandais, sombre au large de l'île d'Eléphant, broyé par les glaces après avoir dérivé pendant 10 mois, piégé dans la banquise. L'équipage se réfugie en canot sur l'île. Puis Shackleton et 5 membres de son équipage partent à la rame chercher du secours dans les stations baleinières de Géorgie du Sud, une île située à 1300 km d'Eléphant. Ils survivent par miracle à 16 jours dans une mer déchaînée et accostent finalement. Mais ils se rendent compte qu'ils se sont trompés de côte, les stations baleinières sont de l'autre côté. 
 
Qu'à cela ne tienne, Shackleton et deux de ses hommes partent à pied cette fois-ci et après 36 heures, ils réussissent à atteindre les stations baleinières. Ils ne récupéreront l'équipage resté sur l'île d'Eléphant et quasiment mort de faim qu'après la 4ème tentative d'accostage. Selon Edmund Hillary, le vainqueur de l'Everest, l'expédition ratée de Shackleton est tout simplement «la plus grande expérience de survie de l'histoire de l'humanité». 
 
L'équipage qui a appareillé aujourd'hui depuis Ushuaïa, au sud de l'Argentine, espère refaire le voyage d'Ernest Shackleton, mais sans le confort moderne, seulement avec l'équipement dont l'explorateur disposait à l'époque, y compris une réplique du canot de sauvetage de 6 mètres de long. A la tête de ce groupe de casse-cous, l'Australien Tim Jarvis.  Rebecca Brice l'a appelé à Ushuaïa et lui a demandé ce qui le motive à tenter cette expédition de tous les dangers : 
 
«Ça fait 20 ans que je monte des expéditions et pour moi, l'expédition ultime, la plus risquée, c'est bien celle-là. L'expédition de Shackleton il y a presque 100 ans a marqué la fin de l'époque héroïque des  explorateurs parce que la Première Guerre mondiale a changé le monde. Shackleton croyait dans l'agrégation d'individus qui surmontent leurs différences et se mettent ensemble pour atteindre un objectif que tout le monde croyait jusque là inatteignable. Et je pense que c'est une vision de la vie dont on pourrait s'inspirer dans notre monde d'aujourd'hui.» 
 
Et il y a fort à parier qu'elle inspire sa façon d'élever ses deux garçons, même si elle plonge le reste de la famille Jarvis dans l'angoisse. 
 
«Ma famille le prend avec philosophie. J'ai deux fils qui sont trop petits pour comprendre ce qui est en jeu. Quant à ma femme, elle savait à quoi elle s'exposait en m'épousant, je suis aventurier, c'est mon métier. Cette expédition-là est assez risquée, d'ailleurs si mes fils étaient déjà nés au moment où je montais l'expédition, je pense que j'y aurais réfléchi à deux fois avant de me lancer là-dedans.» 
 
Tim Jarvis est pourtant un habitué des situations extrêmes. Il est surtout connu pour son expédition avec Peter Treseder en Antarctique en 1999. Les 2 hommes détiennent depuis le record de vitesse de la traversée vers le Pôle Sud géographique. Mais cette reconstitution de l'expédition ratée de Shackleton place la barre vraiment très haut. 
 
«Il y a trois principaux dangers. Le premier, c'est la traversée de l'océan entre l'île d'Eléphant et la Géorgie du Sud. Nous devrons ramer pendant 15 jours dans l'un des coins d'océan les plus agités au monde. Or nous serons dans un canot de sauvetage, sans quille, comme ceux dans lesquels l'équipage de l'Endurance est monté en 1916. Il est évident qu'un canot de sauvetage n'est pas construit pour affronter l'un des pires océans au monde. Nous risquons de chavirer ou de heurter un iceberg. Le deuxième grand danger, c'est l'accostage en Géorgie du Sud, cette île de l'Antarctique qui est le but de notre expédition. Shackleton savait qu'il y avait des villages de baleiniers sur l'île et c'est là qu'il a pu prendre un bateau pour secourir le reste de son équipage. Bref, c'est un vrai défi d'accoster sur cette île, nous risquons de nous fracasser contre les rochers. Et le troisième danger, c'est de traverser l'île de Géorgie du Sud à pied sans tente ni aucun autre équipement, comme Shackleton l'a fait avec ses deux hommes les plus solides. Il y a des crevasses partout et c'est plutôt dangereux.» 
 
Si Tim Jarvis réchappe de cette odyssée en Antarctique, il envisage une aventure plus chaude, en Papouasie Nouvelle-Guinée, qu'il veut traverser de part en part.