PNG : des jeunes filles vendues à des hommes par leurs parents

PNG : des jeunes filles vendues à des hommes par leurs parents

PNG : des jeunes filles vendues à des hommes par leurs parents

Posté à 7 January 2013, 9:00 AEDT

Des hommes déjà mariés, parfois des étrangers, qui travaillent dans des sociétés d'exploitation minière ou forestière.

C'est une organisation non-gouvernementale qui défend les droits des femmes qui a lancé toute une série d'accusations en déplorant le laisser aller du gouvernement sur cette question. Il s'agit du Consultative Implementation and Monitoring Council (Conseil consultatif de surveillance et d'application des droits). Ume Wainetti est membre de ce Conseil.

WAINETTI : « Nous avons beaucoup d'informations sur des jeunes filles contraintes de se marier ou d'avoir des relations sexuelles avec des hommes plus vieux. Mais nous n'avons pas les chiffres exacts. »

Il semblerait, selon les informations disponibles, que ces jeunes filles sont aussi maltraitées à l'intérieur de ce mariage forcé.

WAINETTI : « Oui, ces jeunes filles sont beaucoup maltraitées. Nombre d'entre elles sont obligées de se marier avec des hommes qui le sont déjà. Et quand nous avons fait cette étude avec l'UNICEF sur la maltraitance des enfants, ces jeunes filles nous ont dit que l'épouse de l'homme qu'elles avaient été obligées de marier les maltraitait, mais les maltraitait vraiment. »

Quel âge ont ces jeunes filles ?

WAINETTI : « Au niveau des mariages, les filles ont probablement 14, 15 ou 16 ans. Mais les autres, celles qui sont contraintes d'avoir des relations sexuelles, elles sont beaucoup mais alors beaucoup plus jeunes. »

Ces mariages forcés seraient répandus à travers tout le pays, mais tout spécialement dans des régions riches en ressources minérales où des sociétés internationales se sont implantées.

Les jeunes filles sont vendues par leurs parents à des employés de ces sociétés [d'exploitation minière ou forestière]. En clair, elles sont vendues à des hommes plus vieux qui ont de l'argent et quelques fois à des ressortissants étrangers.

Ume Wainetti affirme qu'elle ne cesse d'attirer l'attention du gouvernement et de plusieurs organisations internationales qui n'auraient toujours pas réagi alors que la Papouasie Nouvelle-Guinée va se lancer dans un énorme projet d'exploitation de gaz naturel liquéfié.

WAINETTI : « Il devrait prendre ça en considération dans leur projet de développement, ils devraient s'assurer que les sociétés impliquées dans ces projets fassent preuve de responsabilité et empêchent ce genre de choses. Et si les questions d'égalité hommes-femmes sont une réalité dans les pays d'où viennent ces sociétés, ce n'est pas le cas ici dans ce pays. »

Mais de quelles sociétés parlons-nous exactement ?

WAINETTI : « Je parle d'entreprises internationales qui s'associent avec notre gouvernement et qui sont dans l'industrie extractive. La plupart du temps, c'est aux employés de ces sociétés que les jeunes filles sont vendues ou encouragé ou obligé d'avoir des relations avec ces hommes qui ont de l'argent. Les gens en parlent dans les régions riches en ressources minérales mais surtout dans les secteurs de l'exploitation forestière. »

Ces jeunes filles ne sont donc pas uniquement vendues aux employés locaux  mais également à des ressortissants étrangers qui appartiennent à ces sociétés d'exploitation ?

WAINETTI : « Oui, elles le sont. Et nous avons aussi vu au fil des ans beaucoup de boîtes de nuit s'ouvrir et on dirait que le gouvernement n'a aucun contrôle là-dessus.  Mais notre grand problème, c'est le manque de données et de chiffres exacts avec lesquels nous pourrions étayer les informations que nous avons reçues pour enfin convaincre le gouvernement que nous avons ce type de problèmes dans ce pays. »