PNG: «les demandeurs d'asile acceptent d'être détenus»

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PNG: «les demandeurs d'asile acceptent d'être détenus»

Mis à jour 10 January 2013, 14:46 AEST

Belden Namah veut prouver que la détention des demandeurs d'asile est anticonstitutionnelle. Mais pour le Garde des Sceaux, ils ont accepté le risque de finir en détention. 

L'actuel chef de l'opposition et ancien vice-Premier ministre intente une action devant la Cour Suprême. 

 
Actuellement, 155 demandeurs d'asile, dont 30 enfants, ont été placés en détention par le gouvernement australien sur l'île de Manus, au large de la côte nord de la Papouasie Nouvelle-Guinée. Belden Namah : 
 
 «C'est important pour nous d'intenter cette action en justice car nous voulons montrer que c'est notre Constitution qui prime sur tout. En fait, nous déposons deux plaintes, dans la première nous demandons la libération des demandeurs d'asile enfermés au centre de détention de Manus, et leur envoi en Australie. La deuxième a pour but d'établir que la détention obligatoire des demandeurs d'asile sur le sol papou est contraire à la Constitution. Nous ne pouvons pas bafouer notre Constitution, nos lois, pour faire plaisir à nos amis.» 
 
Les amis en question, vous l'aurez compris, c'est le gouvernement australien. 
 
L'argument principal de Belden Namah, c'est que la loi papoue n'autorise la détention que quand quelqu'un a commis un délit ou un crime. Or selon lui, les demandeurs d'asile en route vers l'Australie, souvent arrêtés dans les eaux australiennes, n'ont violé aucune loi papoue. 
 
Le Garde des Sceaux contre-argumente en affirmant que les demandeurs d'asile ont tous consenti à leur enfermement en arrivant en Papouasie Nouvelle-Guinée. Et il regrette le nouveau coup d'éclat du trublion Belden Namah, qui s'était illustré en 2012 en venant en personne arrêter le Président de la Cour Suprême, accusé de soutenir le rival de Peter O'Neill, que Namah soutenait à l'époque. 
 
On écoute la réaction du Garde des Sceaux, Kerenga Kua, à l'action intentée par Namah pour mettre fin à la détention des demandeurs d'asile :  
«C'est malvenu. Cette mise en accusation du pays et de son exécutif m'attriste. Car quand les demandeurs d'asile ont quitté leur pays d'origine, ils savaient parfaitement ce qui les attendait, et à quel prix ils pourraient obtenir leur statut de réfugié. Ils ont implictement accepté de risquer d'être détenus.» 
 
Kerenga Kua, au micro de Liam Fox, le correspondant de Radio Australie à Port-Moresby. 
 
Et ce prix, c'est plusieurs mois, plusieurs années, impossible de le savoir, de détention sur l'île de Manus, le temps que le gouvernement australien examine les demandes d'asile. 
 
Notons que la Cour Suprême papoue pourrait ne pas trancher en faveur de la détention des demandeurs d'asile, et donc en faveur du gouvernement australien. Par le passé les juges n'ont pas hésité à s'élever contre l'Etat australien. En 2005, la Cour Suprême a en effet expulsé 160 policiers australiens venus former leurs collègues papous, estimant que c'était contraire à la Constitution.