Confirmation du référendum sur l'indépendance de Bougainville d'ici 2020

Confirmation du référendum sur l'indépendance de Bougainville d'ici 2020

Confirmation du référendum sur l'indépendance de Bougainville d'ici 2020

Posté à 30 January 2013, 10:40 AEST

Le Président de Bougainville, John Momis, a toutefois reconnu que cette province autonome de Papouasie Nouvelle-Guinée a encore des problèmes à résoudre avant cette échéance.

Ce droit à un référendum est inscrit dans l'Accord de paix de l'an 2000 et a aussi été intégré à la Constitution papoue. Il ne peut pas avoir lieu avant 2015 ni après 2020.

L'île de Bougainville panse toujours ses blessures après 10 années d'une guerre de sécession qui a mis l'île à feu et à sang, avec en toile de fond l'une des plus grandes mines de cuivre du monde ; la mine de Panguna.

Toujours est-il qu'un Accord de paix avec transfert de compétences, y compris le domaine minier, a été signé avec le gouvernement de Papouasie Nouvelle-Guinée.

Nous avons demandé à Anthony Regan, du Programme mélanésien de l'Université nationale australienne, de faire un peu le bilan de la situation à Bougainville et de nous dire pourquoi le Président John Momis a cru bon confirmer maintenant que le référendum aurait bien lieu d'ici à 2020.

REGAN : « Les gens qui sont vraiment pour l'indépendance, notamment ceux qui faisaient partie de l'Armée Révolutionnaire de Bougainville (ARB), ont peur que certaines dispositions de l'Accord de paix, notamment celles qui stipulent la destruction des armes et les critères de bonne gouvernance, pourraient reporter le référendum à une date ultérieure à 2020.
John Momis a dit que ce n'était pas le cas et que rien ne pourra retarder la tenue de ce référendum.
Toutefois, cette question d'armes et de bonne gouvernance devra être résolue entre 2015 et 2020. Plus les problèmes persistent (armes et bonne gouvernance) et plus la date du référendum se rapprochera de 2020.
John Momis a expliqué clairement à la population de Bougainville qu'elle avait la responsabilité de s'assurer que le référendum respecte l'Accord de paix et se déroule dans des conditions équitables et sans contraintes pour que le résultat soit unanimement accepté par la communauté internationale et le gouvernement national.
»

Mais est-ce que la mine de cuivre est toujours la source de problèmes et d'agitation ?

REGAN : « Oui, les questions minières sont les vraies raisons à l'origine de la guerre. Il y avait un terrible et profond mécontentement sur la façon dont les revenus de la mine de Rio Tinto à Panguna étaient répartis par le gouvernement central et les autorités de Bougainville. Mécontentement aussi sur l'impact environnemental et social de la mine. Certains sont donc résolument opposés à la réouverture de la mine.
En revanche, la majorité de la population et le gouvernement sont en faveur de la réouverture de la mine à Bougainville afin d'obtenir des revenus pour que la province devienne pleinement autonome de la Papouasie Nouvelle-Guinée ou pleinement indépendante si le référendum se prononce pour l'indépendance.
Il faut résoudre la question minière. La population de Bougainville a besoin de s'unifier autour de cette question, source de conflits et de difficultés.
»