La Chine invitée par les Etats-Unis au prochain RIMPAC

La Chine invitée par les Etats-Unis au prochain RIMPAC

La Chine invitée par les Etats-Unis au prochain RIMPAC

Mis à jour 6 February 2013, 16:46 AEST

Il s'agit des plus grands exercices aéronavals du monde. Ils ont lieu tous les deux ans, sous commandement américain, au départ la base de Pearl Harbor, à Hawaï. 

 

C'est l'occasion pour les marines nationales de construire leur coopération, militaire et humanitaire, mais aussi de déployer leurs navires pour qu'ils restent opérationnels et ne rouillent pas.  
 
En 2012, 48 bâtiments dont un porte-avion, 6 sous-marins, 200 aéronefs et près de 25 000 hommes de 22 pays ont participé au RIMPAC. Mais pas la Chine. 
L'invitation de la Chine intervient dans un contexte quelque peu tendu. Les Etats-Unis, sous l'impulsion de Barack Obama, ont annoncé il y a un an le rééquilibrage de leurs forces armées, en clair, leur transfert d'Irak et d'Afghanistan vers le Pacifique, devenu épicentre de la politique de défense américaine. La base militaire de Darwin, tout au nord de l'Australie, accueille désormais 2500 marines américains.
 
Mais le Secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a martelé lors de son déplacement en Chine en septembre 2012, je cite que «notre objectif fondamental est de construire une coopération militaire bilatérale avec la Chine qui soit saine, stable, fiable, continuelle et transparente.»  
Traditionnellement, la Chine a en effet toujours garde le secret sur l'état de ses forces armées. 
 
Mais cela va changer avec son intégration aux exercices RIMPAC en 2014, estime Paul Dibb, ancien conseiller du ministère de la défense australien et aujourd'hui chercheur en stratégie et défense à l'Université Nationale Australienne de Canberra :  
 
«Depuis un an et demi - 2 ans, nous assistons à un durcissement de la position de la Chine dans le sud et l'est de la Mer de Chine, avec quasiment des confrontations avec ses voisins, à commencer par le Japon. Et en juillet dernier la Chine a haussé le ton au sommet de l'ASEAN organisé au Cambodge, en refusant de négocier quoi que ce soit sur la Mer de Chine. Le livre blanc sur le siècle asiatique adopté par le gouvernement australien utilise le terme de « mésaventure » ou « d'erreur d'appréciation », une référence feutrée à non pas une troisième guerre mondiale, mais un possible conflit localisé pour la propriété d'une île ou d'un passage en Mer de Chine du sud ou de l'est. Le commandant d'un bâtiment ou d'une armée de l'air pourrait déclencher les hostilités. De mon point de vue, la confrontation resterait limitée, mais fort regrettable dans notre monde si interdépendant. Mais n'oublions pas que la Chine est très dépendante des autres puissances mondiales économiquement et n'a aucun intérêt à déclencher une guerre.» 
 
Le gouvernement australien a aussi invité la Chine à participer à la revue navale qui sera organisée cette année pour célébrer le centenaire de l'arrivée des premiers navires de la marine royale australienne en baie de Sydney. 
 
«C'est un test pour la Chine. On verra si elle s'engage réellement dans une coopération en toute transparence, ou si, comme beaucoup d'observateurs le prédisent, elle reste méfiante. Je pense que c'est dans l'intérêt de la Chine de participer à ces exercices militaires internationaux. Depuis plusieurs années déjà, la marine chinoise est impliquée dans des échanges, qui se traduisent par des visites dans des ports étrangers, et désormais donc, elle va participer aux exercices multilatéraux proprement dits. Et je pense que la Chine va se montrer coopérative car elle a tout à y gagner. Donc c'est un pas en avant, et les Australiens, aux côtés des Américains et d'autres nations régionales, font ce qu'il faut pour faire de la Chine un membre normal, si je puis dire, de la communauté internationale.»
 
Paul Dibb, chercheur en stratégie et défense à l'Université de Canberra, répondait à Fran Kelly sur l'ABC.