Un Coca-Cola Gate aux Iles Cook

Un Coca-Cola Gate aux Iles Cook

Un Coca-Cola Gate aux Iles Cook

Mis à jour 6 February 2013, 16:44 AEDT

Le gouvernement aurait accordé un régime de faveur à CITC, l'importateur exclusif de Coca-Cola Amatil aux Iles Cook.

 

C'est la seule et unique entreprise qui bénéficie, aux termes d'un accord secret avec les douanes, d'une réduction des droits de douane sur les sodas. Et ce depuis 1980. 
 
La manœuvre est simple : il faut normalement déclarer la valeur du produit et de son emballage. Sachant que l'emballage est nettement moins taxé (10%) que la boisson en elle-même, taxée à 40%. Alors CITC a trouvé la combine, en déclarant une valeur bien plus élevée pour l'emballage que pour le contenu, la boisson - ce qui évidemment ne correspond pas à la réalité. 
 
Le rapport du Bureau d'Audit des Iles Cook a paru en 2011, il a été dénoncé par les médias locaux, sans succès. Et il a finalement atterri en janvier sur la table du rédacteur en chef de « Investigate Magazine », une revue d'investigation néo-zélandaise. C'est le journaliste Ian Wishart qui a suivi le dossier, publié le 28 janvier: 
 
«Nul n'est prophète en son pays.  Et c'est bel et bien ce qui est arrivé aux médias des Iles Cook. Tant que les médias australiens et néo-zélandais n'avaient pas eu vent de l'affaire, CITC se disait qu'il pouvait faire le dos rond et que la tempête passerait. Mais quand les médias australiens et néo-zélandais se sont emparés de l'affaire, ça a changé la perception des Maoris des Iles Cook.» 
 
Le régime de faveur accordé à CITC, l'importateur de Coca-Cola, représente pour l'Etat un manque à gagner de 15 millions de dollars depuis 1980. De quoi mettre en colère les Maoris des Iles Cook. Depuis quelques jours, ils inondent le journal local de lettres d'indignation et le standard de la radio locale explose. 
On écoute la réaction de James Beer, un homme d'affaire des Iles Cook, au micro de Bruce Hill sur Radio Australie : 
 
«Oui les gens sont furieux, parce que nous travaillons tous, nous gérons nos commerces, et nous voulons que tout le monde paie ses impôts et taxes. Car cela revient à subventionner un importateur qui en plus a un monopole. Cela entame la crédibilité de notre pays. En ce moment nous avons une économie au ralenti qui fait très peu d'argent. Chaque centime compte pour le gouvernement, qui a déjà du mal à réparer les routes, et à mettre en place des programmes d'éducation et de santé publique. Si l'Etat favorise certaines entreprises en les exemptant de taxes, alors il n'a aucune légitimité à réclamer de l'aide aux autres pays !» 
 
Les Iles Cook, Etat librement associé à la Nouvelle-Zélande, dépendent largement de la générosité de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande, qui donnent chaque année 20 millions de dollars au pays.