Une infirmière compare Nauru à un camp de concentration

Une infirmière compare Nauru à un camp de concentration

Une infirmière compare Nauru à un camp de concentration

Mis à jour 6 February 2013, 16:40 AEDT

L'Australienne Marie-Anne Evers a passé trois semaines au centre de détention des demandeurs d'asile en novembre. 

 

Actuellement 450 hommes sont enfermés à Nauru, dont la moitié est originaire du Sri Lanka. Ils ont été séparés de leurs familles sur décision du gouvernement australien, qui ne souhaite pas placer les femmes et les enfants dans les conditions précaires du centre de détention. Les demandeurs d'asile sont en effet hébergés à 16 par tente en ce moment. 
 
Partie en novembre, Marianne Evers devait initialement travailler six semaines au centre de détention, mais elle a démissionné au bout de trois semaines, écœurée par les conditions de vie des demandeurs d'asile : 
 
«Je ne peux pas oublier le désespoir de ces gens. J'en ai vu ramper sur le sol et me demander « aidez moi à mourir je vous en prie ». Pendant les trois semaines que j'ai passées à Nauru, j'ai vu quatre suicides par pendaison. Ce centre de détention c'est un vrai camp de concentration, la seule différence c'est que les Australiens n'ont pas les tripes pour les tuer et ainsi les sortir de leur malheur.» 
 
Selon d'autres membres de l'équipe médicale, il y aurait eu aussi des tournantes. Ce sont des affirmations, mais nous n'avons pas de preuves.   
Le témoignage de l'infirmière Marianne Evers, recueilli par Karen Barlow hier soir sur la télé publique ABC, ont créé la polémique. 
 
Le Ministère de l'Immigration a aussitôt répondu, en la personne de Sandi Logan, son porte-parole : 
 
«C'est proprement honteux de comparer le centre de détention de Nauru à un camp de concentration. Nous savons bien que le centre, où les demandeurs d'asile seront prochainement hébergés dans du dur, est situé dans un pays chaud et humide. Mais nous prenons grand soin des 450 hommes actuellement là-bas. Et nous devons comprendre que ce régime est cohérent avec la politique du gouvernement qui est de n'accorder aucun traitement de faveur.» 
 
Les 1ers demandeurs d'asile sont arrivés il y a 5 mois au centre de détention de Nauru et l'examen de leurs dossiers n'a toujours pas commencé. Le Ministère de l'Immigration australien affirme que c'est au gouvernement nauruan de se charger du traitement des demandes d'asile.