Remise en question de l'efficacité de l'aide australienne

Remise en question de l'efficacité de l'aide australienne

Remise en question de l'efficacité de l'aide australienne

Posté à 8 February 2013, 10:40 AEDT

Une assistance substantielle de 4,8 milliards de dollars pour l'année financière 2012.

Et près d'un quart de cette aide, plus d'un milliard de dollars, a été injecté dans le Pacifique, notamment en Papouasie Nouvelle-Guinée qui se taille la part du lion.


Pour le chef de la diplomatie australienne, Bob Car, le programme d'aide australien fonctionne bien et le gouvernement en a pour son argent.


L'agence d'aide australienne, AusAid, vient de rendre public son rapport 2012 sur l'efficacité de son assistance au développement international, un rapport qui donne une image un peu trop idyllique de la situation.


C'est ce qu'affirme le professeur Stephen Howse, directeur du Centre de politique de développement de l'Université nationale australienne.


HOWSE : « Il ne nous dit de spécifique sur le Pacifique. C'est un rapport très global qui nous explique ce que le monde fait pour réduire la pauvreté et atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement. Il nous parle de la contribution d'AusAid pour atteindre ces objectifs et de l'efficacité et de l'efficience d'AusAid. »


Il faut dire qu'en 2012, l'agence d'aide australienne a mis en place un certain nombre de réformes pour améliorer l'efficacité de cette aide. Est-ce que ces réformes ont donné des résultats ?


HOWSE : « Et bien quelques réformes importantes. Ils ont établi une stratégie budgétaire sur 4 ans pour mieux prévoir le long terme ce qui est important pour planifier la distribution de l'aide.
Maintenant, je dois dire que la décision de prendre une partie de l'aide pour le financement des demandeurs d'asile a torpillé cette stratégie. Mais à l'époque, c'était une réforme importante.
»


Cette décision de détourner l'aide australienne pour éponger les coûts associés à l'hébergement des demandeurs d'asile dans des îles du Pacifique, Nauru et Manus en Papouasie Nouvelle-Guinée, a donc fait du tort à l'aide australienne.


HOWSE : « Aucun doute que cette décision sur les demandeurs d'asile a fait du mal au programme d'aide australien et au programme de réformes. D'un côté, tout le monde a reconnu qu'il fallait mieux prévoir le long terme pour mieux planifier la distribution de l'aide et au beau milieu de l'année, ils amputent presque 10% de l'aide. C'est à l'opposé de qu'ils voulaient faire en terme de prévisions. »


Et cette décision d'amputer l'aide australienne ne s'est pas faite dans la transparence ?


HOWSE : « Il y a aussi des questions de transparence. AusAid a fait beaucoup d'efforts pour devenir une organisation de plus en plus transparente et a mis en place une charte de l'indépendance. Mais c'est une fuite dans la presse qui a mis à jour cette décision sur les demandeurs d'asile et le gouvernement n'a pas voulu dire où les coupes seraient effectuées pour financer cette décision. De toute évidence, c'est un coup dur porté à la promotion de la transparence. »


Mais revenons au rapport d'AusAid.


HOWSE : « C'est un rapport très positif. En fait la Commission indépendante de révision de l'aide avait demandé à AusAid de résumé ce rapport en une page avec le système des feux de circulation : feu vert pour ce qui est bien, feu orange pour le moins bien et feu rouge pour les secteurs problématiques. Et bien quand on lit ce rapport, on a l'impression que tous les feux sont verts.
Il n'y a aucun doute que des progrès ont été réalisés mais il reste de nombreux défis. Un problème a été identifié, c'est la fragmentation de l'aide. Une trop grande partie de ce budget d'aide substantielle a été dirigée vers beaucoup trop de nouvelles initiatives au lieu de renforcer les initiatives déjà existantes. Le programme d'aide aurait dû être consolidé en finançant moins de petites initiatives au profit des grandes.
»