Ces maladies tropicales qui infestent le Pacifique

Ces maladies tropicales qui infestent le Pacifique

Ces maladies tropicales qui infestent le Pacifique

Posté à 11 February 2013, 6:56 AEST

Des infections bactériennes qui tuent, blessent, handicapent et rendent aveugle.

Un nouveau rapport sur la santé à l'échelle mondiale souligne le besoin urgent d'amplifier les programmes d'éradication des maladies tropicales négligées (MTN) en Australie et dans les nations océaniennes du Pacifique.

Ces maladies portent sur un groupe de 17 infections bactériennes et parasitaires qui sont à l'origine des problèmes de santé parmi les plus courants dans les pays moins nantis et en développement.

L'auteur principal de ce rapport, le professeur Peter Hotez, est le doyen de l'École nationale de médecine tropicale de la Faculté de médecine Baylor à Houston au Texas. Voici ce qu'il nous a confié à propos des pays de la région.

HOTEZ : « Le pays qui a le plus de problèmes, étant donné sa taille et le niveau de pauvreté, c'est la Papouasie Nouvelle-Guinée où plus de la moitié de la population est infectée par des ankylostomes, les taux de d'anguillulose sont énormes. Sans oublier les infections de la peau qui résultent de la gale et qui débouchent sur des infections secondaires à streptocoques, à des maladies cardiaques et rénales. »

Précisons que l'ankylostomose est une maladie parasitaire provoquée par la présence de vers parasites sur la muqueuse intestinale. Elle est associée à l'anémie, à des troubles digestifs, à de la fièvre est à des états dépressifs.

L'anguillulose est une infection intestinale due là aussi à un vers, une femelle adulte qui pond des œufs dans l'intestin.

Et les streptocoques sont des bactéries qui peuvent être responsables de graves maladies comme la méningite.

Mais pas besoin d'aller jusqu'en Papouasie Nouvelle-Guinée pour constater des maladies qui affectent beaucoup les moins nantis.

HOTEZ : « L'une des autres découvertes décevantes a été le taux élevé d'infections chez la population aborigène d'Australie. »

De toute évidence, les précédents efforts pour éradiquer ces maladies tropicales ont échoué ou n'ont pas été suffisants. Que préconisent le professeur Hotez.

HOTEZ : « Il faut des efforts plus vigoureux et des traitements collectifs. Nous nous sommes aperçus que des traitements collectifs qui utilisent des médicaments à faible coût ou gracieusement offerts sont l'une des meilleures réponses. Malheureusement, la Papouasie Nouvelle-Guinée et la population aborigène n'ont pas bénéficié de ces traitements collectifs. Il y a eu des réussites ponctuelles avec l'élimination de la filariose lymphatique et d'autres maladies dans certaines petites îles. Mais pour la Papouasie Nouvelle-Guinée et pour les plus pauvres d'Australie, il reste beaucoup à faire contre ces maladies.»

La filariose lymphatique est une maladie tropicale causée par des filaires, des vers filiformes.

Le professeur Peter Hotez en a profité pour lancer un appel au gouvernement australien et aux institutions régionales du Pacifique.

HOTEZ : «  Ils n'ont pas établi de priorités à propos des maladies tropicales négligées alors que selon les résultats de notre étude, ces maladies sont les plus importants problèmes de santé parmi les moins nantis de la région. Et c'est tellement facile à résoudre, on parle d'un coût de 50 centimes par personne et par an. Un investissement modeste somme toute. Et en mesure de régler tous les problèmes du gouvernement australien qui pourrait travailler en collaboration avec d'autres organisations de la région. »