L'aide s'achemine tant bien que mal aux îles Salomon

L'aide s'achemine tant bien que mal aux îles Salomon

L'aide s'achemine tant bien que mal aux îles Salomon

Mis à jour 19 February 2013, 8:36 AEDT

Des incidents se multiplient et la police s'inquiète. Des villageois perturbent l'acheminement de l'aide.

Au cours d'un incident, la semaine dernière, la police a dû démanteler un barrage routier érigé par des villageois en colère de la province de Temotu qui tentaient de s'approprier des secours d'urgence. Dans un autre, une foule s'est rassemblée devant le poste de police de Lata en réclamant une aide immédiate.

Le 6 février dernier, un puissant tremblement de terre de magnitude 8 sur l'échelle de Richter a déclenché un tsunami ( une vague d'une hauteur d'un mètre) qui a frappé les îles de Santa Cruz, dans la Province de Temotu, au nord du Vanuatu. Une catastrophe qui a fait près de 10 morts.

Depuis l'aide s'achemine, mais pas assez vite au goût de certaines victimes et un contingent de la police de la capitale des îles Salomon, Honiara, a été envoyé sur place.

Les explications de John Lansley, commissaire des Forces de police des Salomon.

LANSLEY : « Un barrage routier a été érigé par des gens disant que l'aide n'arrivait pas assez rapidement. Le même jour, un accident de la route a convaincu une foule de personnes de se rassembler autour d'un poste de police et là aussi des menaces ont été proférées.
C'est inacceptable et nous avons décidé d'envoyer le Vice-commissaire des forces de police dans la région de Lata. Il a pu discuter avec la population locale et on lui a assuré que les barrages routiers s'arrêteraient. Il a aussi essayé de raisonner les gens qui s'étaient rassemblées autour du poste de police, À ce propos, une personne a été arrêtée et placée en détention provisoire par la police.
»

Le Vice-commissaire a été dépêché sur place avec 4 équipes d'intervention rapide ; un total d'une trentaine de policiers chargés d'assurer la sécurité de l'acheminement de l'aide dans les entrepôts et sa distribution.
La situation reste toutefois tendue est l'interdiction de l'alcool dans cette région de Temotu est envisagée.

LANSLEY : « Oui, c'est en train d'être discuté, mais cette interdiction d'alcool n'a pas encore été mise en vigueur. Il y a des avantages et des désavantages avec ces interdictions. L'un des désavantages est qu'une interdiction est difficile à communiquer dans des zones sinistrées où les communications sont difficiles.
Deuxièmement, la mise en application de cette interdiction empêche nos policiers de se concentrer sur l'acheminement de l'aide des organisations humanitaires. Il y a donc des désavantages avec la mise en vigueur de l'interdiction.
»

Mais est-ce qu'il y a véritablement des problèmes d'alcool en ce moment ?

LANSLEY : « Oui, les menaces proférées autour du poste de police n'étaient pas étrangères à l'alcool et c'est cela qui est à l'origine de cette proposition d'interdiction, mais comme je l'ai dit, elle n'est pas encore en vigueur. »

Une dernière question : Est-ce que ces barrages routiers pour s'accaparer des secours d'urgence sont le fait d'opportunistes ou de villageois désespérés qui ont besoin de cette aide ?

LANSLEY : « Non, je pense que c'est un peu opportuniste. Je sais aussi que des personnes ont désespérément besoin d'aide et nous faisons tout notre possible pour qu'elles la reçoivent. Mais nous devons établir des priorités quant à la distribution de l'aide.  Et là je parle des agences humanitaires au lieu de la police. Nous, nous assurons la sécurité de l'acheminement mais les agences humanitaires doivent établir des destinations prioritaires et parfois certains ne comprennent pas qu'il faut établir des priorités. »