Nauru: 4 demandeurs d'asile se cousent les lèvres

Nauru: 4 demandeurs d'asile se cousent les lèvres

Nauru: 4 demandeurs d'asile se cousent les lèvres

Mis à jour 20 February 2013, 14:35 AEDT

Ils font partie d'un groupe plus large d'une quinzaine d'Iraniens entrés en grève de la faim. Ils sont les derniers arrivés au centre de Nauru. 

Une pratique malheureusement courante, qui a déjà eu lieu en 2003 à Nauru dans les mêmes conditions, au centre de détention ouvert par le gouvernement conservateur de l'époque. D'autres demandeurs d'asile en Australie se sont aussi cousus les lèvres au centre de détention de l'île australienne de Christmas Island en 2010. 

 
Cette fois-ci, les quatre demandeurs d'asile cousus font partie d'un groupe plus large d'une quinzaine d'Iraniens entrés en grève de la faim. Ils sont les derniers arrivés au centre de Nauru. 
 
Le désespoir règne dans le centre de détention. D'autant plus que Nauru se retrouve sans gouvernement. En 10 jours, deux ministres ont démissionné, un autre a été limogé par le Premier ministre. Il ne reste plus que 2 ministres sur les 5 que comptait le gouvernement. Une situation anticonstitutionnelle, mais le Premier ministre a refusé de la commenter hier mardi. Ce n'est certes pas dans ce contexte que l'examen des demandes d'asile va pouvoir enfin démarrer. 
 
On écoute la réaction d'Ian Rintoul, le porte-parole de la Coalition d'Action pour les Réfugiés, une ONG australienne de défense des demandeurs d'asile: 
 
«En fait il n'y a ni gouvernement, ni administration, et il y a encore moins de processus d'examen des demandes d'asile. Ça en dit long sur la nature de l'accord qui a été conclu entre l'Australie et Nauru. Il y a un cadre légal, mais pas celui nécessaire à l'examen des demandes d'asile, il n'y a pas de tribunal des réfugiés, pas d'assesseurs, pas d'interprètes, rien n'est en place. Donc l'Australie a largué 410 à 415 demandeurs d'asile sur Nauru, en leur promettant d'examiner leur dossier, mais rien n'est organisé, et rien n'indique que l'examen pourra commencer à moyen terme.»  
 
Ian Rintoul, au micro de Richard Ewart, sur Radio Australie. Cela fait 5 mois que les clandestins attendent le traitement de leur dossier de demande d'asile par les autorités nauruanes, censées gérer à la place des Australiens.