Scandale dans les hautes sphères de la police tongienne

Scandale dans les hautes sphères de la police tongienne

Scandale dans les hautes sphères de la police tongienne

Mis à jour 22 February 2013, 8:59 AEST

C'est l'histoire de 172 Tongiens ayant des antécédents judiciaires et qui sont arrivés en Australie, en Nouvelle-Zélande ou aux États-Unis avec un casier judiciaire vierge.

Et c'est le commissaire de police tongien, le Néo-Zélandais Grant O'Fee, qui vient de révéler cette affaire aux Services de l'Immigration de Nouvelle-Zélande.

Si ce scandale vient d'éclater, cela fait maintenant dix  ans que des officiers supérieurs de la police tongienne écrivent des lettres de recommandation et mentent sur les antécédents judiciaires de Tongiens qui désirent s'installer à l'étranger.
Nous avons contacté Grant O'Fee pour essayer de comprendre comment ce système fonctionnait exactement.

O'FEE : « L'un des précédents ministres [de la police], qui est maintenant décédé, a toujours été convaincu du bien fondé de cette procédure ; une procédure officieuse lui permettant d'effacer un casier judiciaire à sa discrétion. Il a ensuite délégué ce pouvoir à des officiers supérieurs en leur disant qu'ils pouvaient faire la même chose. »

Cette pratique d'effacer l'ardoise judiciaire s'est ensuite amplifiée et a continué pendant 10 ans mais a fini par attirer l'attention de Grant O'Fee en novembre dernier.

O'FEE : « Tout cela pour dire que nous pensions que 33 personnes avaient bénéficié de cette procédure et j'ai réclamé une recherche approfondie de nos archives. Le personnel qui travaille dans nos bureaux est très zélé, très appliqué dans son travail. Ainsi, une petite note était systématiquement inscrite dans le dossier des personnes qui avaient bénéficié d'une lettre qui les blanchissait de tout antécédent judiciaire. Cette note stipule également que la lettre a été signée par untel ou untel, c'est-à-dire par l'officier supérieur qui l'a approuvée. »

Pour que tout soit bien clair : des officiers supérieurs de la police tongienne disaient aux services de l'Immigration ou écrivait une lettre disant que telle ou telle personne n'avait pas d'antécédents judiciaires alors qu'elle en avait ?

O'FEE : « C'est exactement comme cela que ça se passait.  Un officier supérieur de la police informait le personnel administratif qu'il avait approuvé une relaxe (c'est comme ça qu'ils disaient). Le personnel administratif notait méticuleusement que tel ou tel inspecteur avait approuvé l'effacement du casier judiciaire et l'employé pouvait écrire un rapport, écrire un mensonge, disant que l'individu concerné n'avait pas d'antécédent judiciaire. »

Selon le commissaire O'Fee, cette faveur n'aurait pas été accompagnée de pots de vin.

O'FEE : « Je n'ai pas de preuves que de l'argent a changé de mains. Je ne dis pas que ce n'est pas le cas, mais je ne peux pas le prouver.
Des policiers de très haut rang sont impliqués et c'est assez problématique avec le personnel restreint dont je dispose. Une enquête judiciaire a été conduite par le bureau du procureur général et j'attends un rapport d'enquête écrit pour déterminer si des actes criminels ont été commis et à quel type de mesures disciplinaires j'ai accès.
»

En attendant, des personnes au casier judiciaire chargé, certaines pour crimes graves,  sont installées depuis des années en Australie et ailleurs.

172 personnes ont émigré en Nouvelle-Zélande, en Australie et aux États-Unis sous de faux prétextes. Trois pays qui maintenant se penchent sur le cas de tous les Tongiens arrivés avec un casier judiciaire vierge. La vie de ces gens va être chamboulée et celle de leur famille aussi.

C'est à se demander si les policiers tongiens impliqués dans cette affaire se rendaient compte de l'étendue du mal qu'ils pouvaient faire à la vie de toutes ces personnes.

En tous les cas, ils doivent commencer à le réaliser…