Débat autour d'un registre pour délinquants sexuels au Samoa

Débat autour d'un registre pour délinquants sexuels au Samoa

Débat autour d'un registre pour délinquants sexuels au Samoa

Posté à 25 February 2013, 9:23 AEST

Un juge de la Cour suprême a lancé le pavé dans la marre en appelant à la mise en place d'un tel registre.

Un appel qui a provoqué un débat public et la Commission juridique de l'archipel indique qu'il n'y a pas le feu et que c'est avec beaucoup de prudence qu'il faut aborder la question.

Nous en avons discuté avec Leilani Tuala-Warren, directrice de la Commission juridique.

TUALA-WARREN : « Le Samoa a une petite population. Et quand des questions comme ça se posent, il faut aussi penser aux ressources. Il ne faut pas se précipiter dans un projet pour apprendre que nous n'avons pas les moyens de le gérer.
Et puis ça soulève plein de questions dans le contexte de la culture samoane. Nous allons devoir nous pencher minutieusement sur cette proposition est déterminer son impact sur la culture samoane.
Nous regarderons aussi comment ça marche dans des pays comme l'Australie et la Nouvelle-Zélande et nous verrons si c'est approprié pour ici, au Samoa.
»

Cette Commission juridique va tour d'abord rédiger un document de travail qui sera en mesure d'informer la population pour expliquer le type de délinquants sexuels qui seront inscrits au registre et pendant combien de temps ils resteront sur ce registre.

Par ailleurs, nous précisera Leilani Tuala-Warren, un cadre juridique et un cadre culturel existent déjà au Samoa pour empêcher la délinquance sexuelle.  Faut-il renforcer ces cadres ou est-ce que le Samoa a vraiment besoin d'un registre pour délinquants sexuels. Dans le système de justice des villages, par exemple, des contrevenants sont parfois bannis des villages. L'avis de Leilani Tuala-Warren.

TUALA-WARREN : « Oui, ce système fonctionne en ce moment. Mais nous ne pouvons pas dépendre d'un seul système et c'est pour cela que d'autres mécanismes sont nécessaires.
Et puis ce système de Fono [de justice villageoise] fonctionne mais ne capture que les délinquants qui résident dans le village et ne se préoccupent pas du milieu urbain, il nous faut donc d'autres mécanismes.
»

La Commission juridique a du pain sur la planche et de nombreuses questions à poser et de réponses à trouver.

TUALA-WARREN : « Est-ce que le délinquant est à l'extérieur de la famille ou dans le cercle familial ? Plusieurs cas suggèrent que le délit est commis à l'intérieur des familles, à l'intérieur des villages, à l'intérieur des églises. Les délinquants sont donc connus de la famille et nous devons nous pencher là-dessus. Est-ce que le registre dans ce cas précis va décourager ce type de délit. »