L'éventualité d'un registre pour délinquants sexuels arrive aux îles Fidji

L'éventualité d'un registre pour délinquants sexuels arrive aux îles Fidji

L'éventualité d'un registre pour délinquants sexuels arrive aux îles Fidji

Posté à 26 February 2013, 8:59 AEDT

Après le Samoa, c'est au tour de Fidji d'envisager le suivi des délinquants sexuels.

Si la Commission juridique du Samoa appelle à la prudence et tente de déterminer si un tel registre est compatible avec la culture locale, aux îles Fidji les réactions sont mitigées.

Jiko Luveni, ministre de la Condition féminine est totalement pour : «  Ce registre permettra d'identifier les délinquants, de les suivre, de les éduquer et de fournir d'importantes informations à la police. »

Pour Jiko Luveni, ce registre traite des raisons profondes associées aux infractions à caractère sexuel.

Ce n'est pas l'avis de Shamima Ali, la directrice du Centre de crise pour femmes des îles Fidji.

ALI : « Je ne dirai pas que je suis totalement opposée, mais j'ai quand même travaillé dans ce domaine pendant près de 30 ans et je n'ai jamais vu l'efficacité d'un tel registre à travers le monde. Et d'un point de vue humanitaire, il n'y a pas eu de discussions sur le sujet. Je suis convaincue que Fidji a besoin d'être consulté et de discuter davantage au lieu d'annoncer des solutions à court terme.
C'est un moyen rapide de répondre à une situation au lieu d'en parler et de voir si une telle solution a marché quelque part ailleurs. D'après ce que je sais, ça ne marche pas.
»

C'est le 1er mars prochain que s'ouvrira à Fidji le procès de Raikadroka, 23 ans, originaire de Suva, et Mohammed Sheefaz Jameer Sagaitu, 24 ans, originaire de Rotuma.

Ils sont accusés de proxénétisme familial aggravé et aurait livré à la prostitution deux jeunes filles de 16 et 17 ans, ainsi qu'une femme de 20 ans, entre mai et décembre 2012.
Deux hommes qui pourraient donc se retrouver un jour dans ce registre pour délinquants sexuels.

Des hommes jeunes que ce registre pourrait détruire. C'est ce que pense Shamima Ali.


ALI : « L'autre chose est qu'il y a une tendance à Fidji et que nos délinquants sont de plus en plus jeunes. Et s'ils sont inscrits dans ce registre, ça va peut-être ruiner leur vie.  Nous pensons qu'il vaut mieux les rééduquer. Nous  devons avant tout nous asseoir autour d'une table et chercher des solutions et surtout apprendre de la part de ceux qui sont impliqués dans ce domaine depuis très longtemps. »