La Polynésie française à l'ordre du jour de la Conférence des Églises du Pacifique

La Polynésie française à l'ordre du jour de la Conférence des Églises du Pacifique

La Polynésie française à l'ordre du jour de la Conférence des Églises du Pacifique

Posté à 26 February 2013, 8:51 AEDT

Les dirigeants religieux estiment que le Pacifique doit soutenir les efforts du Président de la Polynésie française, Oscar Temaru.

Efforts pour l'inscription de la Polynésie française sur la liste de l'ONU des pays à décoloniser.

L'Assemblée générale de la Conférence des Églises du Pacifique s'est ouverte aux îles Salomon et la question de la décolonisation est à l'ordre du jour suite à la décision de Tuvalu, de Nauru et des îles Salomon de soutenir M. Temaru.
Pour le Secrétaire général par intérim de la Conférence des Églises du Pacifique, le révérend François Pihaate, l'heure est à l'indépendance avec un bémol.

PIHAATE : « Oui, il est temps. Mais aujourd'hui nous avons encore un problème et notre population a besoin d'assistance de la part de grands pays comme la France, l'Australie ou la Nouvelle-Zélande est d'autres pour que nous puissions nous préparer à l'indépendance. À Fidji par exemple, ils ont les moyens d'utiliser leurs ressources pour faire marcher l'économie et être un pays indépendant. Mais pour nous, c'est difficile de changer de statut et il nous faut encore nous préparer à l'indépendance et à l'autodétermination. »

François Pihaate estime que la Polynésie française pourra se tenir debout toute seule d'ici 10 à 15 ans. Nous lui avons aussi demandé de quelle influence bénéficiait l'Église sur cette question ? Et est-ce qu'il n'y a pas conflit entre Église et Politique ?

PIHAATE : « Oui parce que les Églises sont indépendantes de l'Église mère en Angleterre et de la France. Maintenant, les Églises ont beaucoup d'influence sur toutes les décisions prises par le gouvernement. Et je pense que d'autres Églises vont rejoindre le mouvement pour aider notre population à se diriger vers l'autodétermination.  Et j'aimerais aussi souligner que l'inscription de Maohi Nui sur la liste de l'ONU des pays à décoloniser n'a pas pour but d'aller directement à l'indépendance. C'est pour que les Nations Unies viennent et prennent le contrôle de ce que fait la France à Tahiti et à notre population.
Parce qu'il n'y a pas de contrôle, personne ne regarde ce qui se passe sur notre île de Tahiti. La première étape est donc d'inscrire Maohi Nui sur la liste de l'ONU des pays à décoloniser pour que les Nations Unies puissent contrôler la situation parce qu'il y a des choses qui ne sont pas bien. Et les questions qui concernent notre population sont décidées à Paris et non pas localement.
»

Et enfin, nous avons demandé au révérend si la population de Polynésie française serait consultée au cours de ce processus. Est-ce qu'un référendum comme en Nouvelle-Calédonie est envisagée ?

PIHAATE : «  Nous, je pense que notre approche est différente de la Nouvelle-Calédonie sur cette question parce que là-bas, leur Accord de Nouméa arrive à sa fin. Peut-être qu'ils le renouvelleront ou peut-être que c'est l'indépendance. Mais pour nous, il faut avancer doucement et prudemment et nous avons des idées en commun avec les dirigeants politiques français, à savoir comment la France pourrait nous aider dans ce processus et il faut l'aide d'autres îles et des Nations Unies pour nous permettre de nous diriger vers ce que nous avons besoin. »