Varsovie: ambiance sinistre pour le climat

Varsovie: ambiance sinistre pour le climat

Varsovie: ambiance sinistre pour le climat

Mis à jour 19 November 2013, 15:04 AEDT

Les négociations de l'ONU sur le climat se sont ouvertes sur trois annonces négatives, celles de l'Australie, du Canada et du Japon. 

La 19ème session de la Conférence des Parties à la Convention cadre des Nations-Unies sur les Changements Climatiques et la 9ème session des Parties agissant comme réunion des Parties au Protocole de Kyoto s'est ouverte lundi dans la capitale polonaise dans une atmosphère de débâcle. 
 
L'Australie n'a pas pris la peine d'envoyer son ministre de l'Environnement pour la représenter - Greg Hunt reste en Australie pour mener à bien la suppression de la taxe carbone. 
 
Quant au Canada, il a salué la décision de l'Australie et publiquement incité les autres pays à n'envoyer qu'un représentant subalterne. 
 
Enfin, vendredi le Japon a annoncé qu'il révisait à la baisse ses engagements de réduction des émissions de CO2. Au lieu des 25% de réduction promis d'ici 2020 par rapport aux niveaux de 1990, le Japon se limitera à 3.8% de réduction - et par rapport aux niveaux de 2005.   
 
La conférence sur le climat s'ouvre donc sur une débâcle, qui inquiète fortement Caleb Otto, l'ambassadeur de Palau auprès de l'ONU : 
 
« Les positions prises par les grands pays comme l'Australie, le Canada et le Japon, nous déçoivent beaucoup, et particulièrement l'Australie, un pays du Pacifique qui comprend parfaitement ce qui se passe à Tuvalu, Kiribati, Palau. Tout le monde parle de la catastrophe du typhon aux Philippines et c'est une véritable tragédie, mais le typhon est d'abord passé par Palau sur sa route vers les Philippines, et il a fait des dégâts, mais personne n'en parle. Personne ne parle de Palau ou de la Micronésie dans ces négociations. Cela confirme que c'est un jeu mené par les grandes puissances. Elles se fichent du Pacifique et des petits États insulaires. Donc l'AOSIS, l'Alliance des petits États insulaires, essaie de défendre nos intérêts. »  
 
Attention cependant, le lien de cause à effet entre le changement climatique et la violence de Haiyan, le typhon philippin, n'a pas été établi par les scientifiques, et le panel intergouvernemental sur le changement climatique.  
 
Quoi qu'il en soit, les rétractations de l'Australie et du Japon augurent mal d'un accord décisif sur la lutte contre le changement climatique. 
 
« C'est vraiment dur pour les petits États insulaires de comprendre cette indifférence, parce que les preuves scientifiques sont là, les émotions sont là, les dégâts psychologiques liés au changement climatique se font déjà ressentir, donc nous nous demandons ce qui fera bouger ces grands pays, si ce n'est leurs intérêts commerciaux, l'argent. Nous sommes très déçus et nous essayons de présenter notre problème de manière à ce qu'ils comprennent enfin et prennent des mesures concrètes. » 
 
Caleb Otto, l'ambassadeur de Palau auprès de l'ONU, répondait à Bruce Hill sur Radio Australie. 
 
Les négociations sur le climat se poursuivront jusqu'au 22 novembre à Varsovie.