PACER +, l'accord de libre-échange régional sous le feu des critiques

PACER +, l'accord de libre-échange régional sous le feu des critiques

PACER +, l'accord de libre-échange régional sous le feu des critiques

Mis à jour 22 April 2015, 16:29 AEST

Cela fait des années que les pays de la région négocient PACER +, le futur accord de libre-échange régional. 

Il est essentiellement question de s'entendre sur l'échange de biens et de services, sur l'investissement, la mobilité de la main d'œuvre et le développement. Pour rassurer leurs partenaires, l'Australie et la Nouvelle-Zélande ont assuré qu'il s'agirait d'un véritable instrument de développement, et non seulement d'un accord commercial et économique.
 
Mais les craintes des petits États océaniens n'ont pas été entièrement dissipées. Alors que les négociations doivent prendre fin en décembre prochain, l'association Pacific Network on Globalisation (PANG) lance une campagne anti-PACER+. Le groupe appelle les gouvernements de la région à se battre pour leur avenir économique et à se retirer des négociations. Adam Wolfenden, de PANG :
 
« Cela peut être un désastre pour le Pacifique. Si vous regardez l'origine de PACER et PACER+, l'idée c'est vraiment que l'Australie et la Nouvelle-Zélande s'assurent de ne pas perdre leurs accès aux marchés du Pacifique pour leurs exportateurs. Je sais que beaucoup de temps a été investi dans ces négociations, mais ça ne veut pas dire qu'il faut s'engager à signer un mauvais accord. PACER+ ne va pas aider les petits États de la région à se développer. Ce qu'on veut, c'est que ce débat ait lieu. »
 
L'organisation a listé dix raisons pour lesquelles les pays du Pacifique devraient refuser PACER+. Elle considère ainsi que l'accord va conduire à des pertes d'emploi, réduire les services publics, notamment dans les domaines de la santé et de l'éducation, ou encore limiter les droits fonciers des populations indigènes.
 
Dans cette campagne, baptisée «Tabu PACER+ », l'ONG peut compter sur le soutien de Fidji, revenu récemment dans les négociations. Pour le ministre fidjien de l'Industrie et du Commerce, Faiyaz Koya, l'accord est déséquilibré, « il fournit à la Nouvelle-Zélande et à l'Australie un accès sans précédent aux marchés du Pacifique sans donner quoique ce soit de tangible en retour »
 
Les négociateurs de la région doivent se réunir le mois prochain, à Port-Vila, pour discuter de l'accord.