L'Australie peut continuer à envoyer les demandeurs d'asile à Nauru et à Manus

L'Australie peut continuer à envoyer les demandeurs d'asile à Nauru et à Manus

L'Australie peut continuer à envoyer les demandeurs d'asile à Nauru et à Manus

Mis à jour 3 February 2016, 16:43 AEDT
La Haute cour de justice a rendu son jugement ce matin : le gouvernement a le droit de rejeter les demandeurs d'asile qui arrivent sur son sol illégalement. Cette décision ouvre la voie au renvoi de 270 personnes à Nauru, dont 37 bébés et un garçon de 5 ans, qui aurait été victime d'un viol dans l'île.
 
C'est une Bangladaise qui est à l'origine de l'affaire. Détenue à Nauru, enceinte, elle avait été rapatriée en Australie pour y être soignée. Après avoir donné naissance à une fille à Brisbane, elle devait retourner dans le centre de rétention de Nauru, mais a lancé une action en justice pour y échapper. Devant la cour, ses avocats ont contesté la légalité de la politique d'immigration de l'Australie : le gouvernement ne devrait pas avoir le droit de financer et de gérer des centres de détention dans un pays tiers, ont-ils argué.
 
Ils n'ont donc pas réussir à obtenir gain de cause. Une majorité des juges de la Haute cour estime que les dispositions prises par le gouvernement sont légales. Une décision qui n'étonne pas Sarah Hanson-Young, sénatrice des Verts :
 
« Le gouvernement a changé les lois dans le but de faire échouer cette action en justice. Avant même que cela ne soit discuté au Parlement, le parti libéral et le parti travailliste ont fait en sorte d'affaiblir le bien-fondé de la requête. »
 
Le gouvernement australien a effectivement fait modifier la loi pour combler une lacune concernant le mode de financement des centres de détention offshore, situés à l'étranger.
 
Après cette victoire, les autorités australiennes entendent donc continuer à envoyer les demandeurs d'asile à Nauru et à Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, fait savoir Peter Dutton, le ministre de l'Immigration :
 
« On ne va pas autoriser des gens qui cherchent à venir chez nous en bateau à s'installer ici de manière permanente. On veut donc faire en sorte de mettre en place un système de protection des frontières aussi solide que nécessaire, parce que sans cela, comme on le voit en Europe actuellement, des millions de gens chercheraient à venir chez nous en bateau. »
 
Pour éviter le renvoi de dizaines d'enfants dans le centre de détention de Nauru, les défenseurs des droits de l'homme en appellent maintenant à Malcolm Turnbull, le Premier ministre. Il est invité à « faire preuve de compassion ».