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Melbourne: l'épidémie d'asthme d'orage fait une 6ème victime

Melbourne: l'épidémie d'asthme d'orage fait une 6ème victime

Melbourne: l'épidémie d'asthme d'orage fait une 6ème victime

Mis à jour 28 November 2016, 18:26 AEDT

Une semaine après un violent orage qui a libéré des micros grains de pollen dans l'atmosphère, les autorités redoutent d'autres décès. L'épidémie aurait-elle pu être annoncée, et planifiée, puisqu'on connaissait les prévisions météos? Et le changement climatique a-t-il un rôle dans ces épidémies d'asthmes d'orage? Celle du 21 novembre n'était pas la 1ère, mais de loin la plus mortelle que Melbourne ait jamais connue. 

À Melbourne, une sixième personne a succombé aux conséquences d'une crise aiguë d'asthme d'orage, samedi.
 
 Et dimanche soir, la ministre de la Santé du Victoria a indiqué que d'autres personnes étaient toujours entre la vie et la mort. « Il reste 5 personnes en soins intensifs, dont 3 sont dans un état critique », a indiqué Jill Hennessy. 
 
Melbourne et sa région ont été frappées d'une épidémie d'asthme d'orage lundi dernier. Il faisait 35 degrés ce jour-là, et l'air était saturé de pollens de printemps. En fin d'après-midi, un orage violent s'est abattu sur Melbourne, avec des vents forts, qui ont emporté le pollen dans les airs.
 
Sous l'effet conjugué du vent et de la pluie, les grains de pollen ont explosé, créant des micros-grains de 0.5 à 2.5 mm de diamètre, qui ont pénétré dans les poumons des Melbourniens, lors que normalement les grains de pollen sont trop gros pour atteindre les alvéoles. 
 

Une crise digne d'une attaque terroriste ou d'un grand feu de brousse 

 
Voilà pourquoi ceux qui d'habitude ne souffrent que de rhume des foins au printemps, ont connu leur première crise d'asthme. 20 à 40% des victimes de l'asthme d'orage lundi dernier n'avaient jamais eu de crise auparavant. 
 
Résultat: les services de santé ont reçu 1900 appels de détresse en 5h, et 8500 personnes atteintes d'asthme se sont ruées aux urgences, totalement dépassées par cette subite épidémie. 
 
« Cet événement, c'est l'équivalent d'un feu de brousse avec des gens qui souffrent de brulûres intenses, ou d'une attaque terroriste avec des gens gravement blessés. C'est le genre de chaos auquel nos équipes ont du faire face lundi soir », a déclaré le représentant des ambulanciers d'Australie, Danny Hill. 
 
Depuis, le gouvernement du Victoria a du ouvrir une enquête pour determiner si cette épidémie aurait pu être prévue et annoncée, et la prise en charge des malades, planifiée en amont. 
 
Melbourne et sa région ont déjà connu des épidémies d'asthme d'orage, mais aucune n'a été aussi mortelle que celle de lundi. La dernière en date remonte à 2011, mais elle a été bien moins grave que celle de lundi dernier. Et avant cela, la région avait subi 12 années de sécheresse, ce qui a pour effet de limiter la pousse des plantes et donc la libération de pollens dans l'atmosphère. Par ailleurs, l'asthme d'orage touche d'autres pays dans le monde, particulièrement la Grande-Bretagne (Londres) ou encore l'Italie (Naples). 
 

L'asthme d'orage: une "maladie climatique"? 

 
Selon le chercheur américain John Allen, de l'université Columbia, à cause du changement climatique, les orages risquent de devenir de plus en plus fréquents et plus violents dans le sud de l'Australie. Les tempêtes de micros grains de pollen déclenchées par les orages risquent donc elles aussi de devenir plus fréquentes. 
 
Mais il y a un autre facteur de risque lié aux émissions de CO2. Selon Paul Beggs, interrogé par TheGuardian Australia, en faisant leur photosynthèse, les plantes doivent absorber des niveaux plus élevés de dioxyde de carbone, et ce changement de « régime alimentaire » change la qualité du pollen et renforcerait son pouvoir allergène.
 
Le scientifique consacre ses recherches à l'impact de l'environnement sur la santé, à l'université Macquarie de Sydney. « Tous ces facteurs interviennent se conjuguent en arrière-plan: le changement climatique, et le fait que le pollen est plus puissant, donc les épidémies d'asthme d'orage sont plus susceptibles de se produire aujourd'hui qu'il y a 20 ans », affirme Paul Beggs.