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Les Fidji ont expulsé le demandeur d'asile iranien qui s'était enfui de Papouasie Nouvelle-Guinée.

Les Fidji ont expulsé le demandeur d'asile iranien qui s'était enfui de Papouasie Nouvelle-Guinée.

Les Fidji ont expulsé le demandeur d'asile iranien qui s'était enfui de Papouasie Nouvelle-Guinée.

Mis à jour 3 February 2017, 14:15 AEDT

Loghman Sawari, un jeune homme de 21 ans, a obtenu son statut de réfugié en Papouasie Nouvelle-Guinée après 3 ans de détention au centre de Manus. Il avait fui l'Iran à l'âge de 17 ans, pour tenter de rejoindre l'Australie par bateau, mais son embarcation a été interceptée par la marine australienne. 

Le week-end dernier, Loghman Sawari s'est échappé de son pays d'accueil, car il n'y est pas en sécurité. Il affirme que sa vie dans le pays a été ponctuée de tabassages, de harcèlement, d'emprisonnement et de tentatives de suicide. 
Après quelques jours de flottement aux Fidji, il a finalement été placé dans un avion pour Port-Moresby vendredi matin, après une arrestation musclée. Il était dans une voiture avec son avocat fidjien, maître Aman Ravindra-Singh, pour aller déposer sa demande d'asile aux autorités fidjiennes. 
 
« Nous faisions la route vers Suva pour aller rencontrer le directeur du département de l'immigration. La police nous a arrêtés, 6 policiers ont entouré notre voiture et ordonné à Loghman Sawari de descendre. Puis ils l'ont transféré dans une autre voiture, une voiture du département de l'immigration. J'ai essayé de les suivre, mais c'était impossible, ils ont foncé à 160 km/h en direction de l'aéroport. », a rapporté l'avocat. 
 
Pour maître Aman Ravindra-Singh, aucun doute, les autorités fidjiennes ont utilise la ruse pour mettre la main sur le demandeur d'asile iranien. 
 
« Évidemment, c'était un coup monté, c'était un piège, le rendez-vous était fait pour nous attirer à Suva pour pouvoir arrêter mon client. »
 
Dans une interview accordée au quotidien australien The Age, la psychologue qui a suivi Loghman Sawari en Papouasie Nouvelle-Guinée, Jane Galbraith, affirme que le jeune homme est au bout de ses forces, et que son expulsion vers la Papouasie Nouvelle-Guinée va le briser. « C'est la fin pour lui, il est incapable de survivre plus lontemps dans ce système brutale et répressif », a-t-elle prévenu. 
Maître Aman Ravindra-Singh dénonce la decision des autorités fidjiennes de l'expulser. Car les Fidji sont signataires de la convention de Genève sur les réfugiés, et auraient pu interpreter différemment la situation de Loghman Sawari. 
 
« Les demandeurs d'asile sont tous des cas particuliers. En ce qui concerne Loghman Sawari, il a un casier judiciaire totalement vierge, même pas un menu larcin à son actif, les autorités n'ont rien contre lui, à part peut-être le fait qu'il soit entré aux Fidji avec des papiers à la validité contestable. »    
D'après les medias fidjiens, Loghman Sawari avait réussi à quitter l'aéroport de Port-Moresby muni d'un passeport papou, mais avec un faux nom. 
 
« C'est une affaire embarrassante pour l'Australie, parce que cela met en plein jour l'échec de son programme de reclassement des réfugiés en Papouasie Nouvelle-Guinée ; ça embarrasse la Papouasie Nouvelle-Guinée aussi, parce que les autorités papoues ont laissé Loghman Sawari se débrouiller tout seul, puis l'ont laissé sortir du pays ; et enfin, c'est embarrassant pour le gouvernement fidjien, qui a voulu faire Plaisir à son maître dans le Pacifique, à savoir l'Australie, en arrêtant/ expulsant Loghman Sawari. » 
 
Le directeur de la commission fidjienne des droits de l'homme, Ashwin Raj, s'est dit choqué par cette expulsion. Il fait pression sur le cabinet du Premier ministre pour obtenir un rendez-vous urgent avec Franck Bainimarama en personne.