FIFO 2012: le Grand Prix va à «Murundak, songs of freedom»

FIFO 2012: le Grand Prix va à «Murundak, songs of freedom»

FIFO 2012: le Grand Prix va à «Murundak, songs of freedom»

Mis à jour 27 February 2012, 20:37 AEST

«Murundak» signifie «vivant» dans une des langues aborigènes. Et c’est le titre du documentaire qui a remporté le prix de ce 9ème Festival International du Film Documentaire Océanien le 10 février.

Sous-titre: «Les chants de la liberté». L’histoire de cette troupe de chanteurs et musiciens aborigènes, qui ont manifesté pour leurs droits dans les années 70 et protestent désormais uniquement avec leurs cordes vocales, a fait l’unanimité au sein du jury mené par le réalisateur français Eli Chouraqui.

Cette année encore, les documentaristes australiens ont été récompensés pour leur talent. Deux autres films ont obtenu des prix spéciaux du jury – «Ochre and Ink», sur la symbiose entre un peintre chinois et un peintre aborigène, et «The hungry tide» –sur la montée du niveau de l’océan à Kiribati.

Extrait du film «Murundak songs of freedom»

«Je suis très heureuse. Je pense que notre film permet de faire connaïtre les histoires et les chansons des Aborigènes d’Australie, certaines sont très tristes et très traumatiques, et je pense que le public tahitien peut s’identifier à ces histoires, et puis il y a la musique, qui a beaucoup plu au public ici, il y a une synergie, je suis sûre que les chanteurs du Black Arm Band adoreraient la musique tahitienne!»

La co-réalisatrice de «Murundak, songs of freedom», Natasha Gadd. 24 heures dans le Pacifique vous en a longuement parlé jeudi dernier, vous pouvez  retrouver l’interview de Rhys Graham, l'autre réalisateur, à cette adresse.

Permettant la découverte, l’émotion et la réflexion dans les salles obscures décidément bien mal nommées, le FIFO a rempli son contrat comme chaque année. Mais en 2012, il a aussi initié un plan d’attaque réel et réaliste pour former les réalisateurs du Pacifique et financer leurs films.

Lors de la séance de pitching, pendant laquelle les documentaristes ont 5 minutes pour convaincre les diffuseurs de la région de financer leurs projets de film, c’est le monde anglophone qui a apporté les bonnes nouvelles.

«Je m’appelle Phil Cox, je représente World View, qui est adossée à l’Association des Diffuseurs du Commonwealth. World View a pour mission de financer des projets de films dans le monde entier, et en ce moment nous nous concentrons sur le Pacifique pour aider des réalisateurs et producteurs indépendants. Nous recherchons des histoires locales mais qui ont une résonance mondiale, et que nous pouvons donc montrer au public britannique par exemple. Le Pacifique est une région négligée, alors qu’il y a une audience potentielle pour les films sur les problématiques de cette région. Donc nous voulons aider avec les réalisateurs des bourses qui leur permettent de rester propriétaires de leurs images. Ils sont complètement libres. J’ai repéré deux pitchs intéressants, mais le problème dans le Pacifique, c’est que les réalisateurs sont un peu timides, je ne veux pas dire en retard, mais ils ne recherchent pas des formes innovantes de documentaires, et c’est tout simplement parce qu’ils ne voient pas les documentaires révolutionnaires du bout du monde. Ici les télés achètent toujours le même style de documentaires, très narratifs, avec des voice over, à la façon des reportages, donc c’est ce que proposent les réalisateurs, or ils ne peuvent pas percer sur le marché mondial s’ils se cantonnent à ça.»

«Je m’appelle Tom Murray, je suis un réalisateur et producteur, basé à Sydney. Et je suis à ce FIFO pour pitcher mon projet de film, mais aussi pour mettre sur pied une formation pour les réalisateurs de documentaires de la région. Nous allons lancer un séminaire d'une ou deux semaines pendant le FIFO. Mais ce ne sera pas qu’une formation éclair, nous allons construire un réseau régional pour continuer les échanges à l’issue de la formation. Nous avons déjà le soutien de l’Ecole australienne du film, du FIFO lui-même et peut-être de l’Association des Diffuseurs du Commonwealth. Nous voulons réunir une vingtaine de réalisateurs océaniens émergents et les aider a représenter leur région de leur point de vue local pour nourrir le dialogue entre l’Australie et le reste du Pacifique, entre les pays du Pacifique, et entre les pays océaniens et le reste du monde. Et je pense que nous avons de bonnes chances de réussir.»

Rendez-vous donc du 6 au 10 février 2013 pour voir la concrétisation de ces projets d’aide à la création documentaire en Océanie.

 

 

Contributeurs

Caroline Lafargue

Caroline Lafargue

Présentateur

Caroline Lafargue, journaliste et présentatrice, a quitté les rédactions parisiennes pour Radio Australie en 2009, attirée par la dernière frontière médiatique, cette Océanie surnommée “le continent invisible”.

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