La « diplomatie du koala » de l'Australie

La « diplomatie du koala » de l'Australie

La « diplomatie du koala » de l'Australie

Mis à jour 19 October 2015, 18:10 AEDT
Tout a commencé avec une demande un peu spéciale de Winston Churchill : en pleine guerre mondiale, le Premier ministre de la Grande-Bretagne exprime le désir d'acquérir un ornithorynque, animal endémique d'Australie. 
Le gouvernement australien s'exécute, mais l'ornithorynque ne résiste pas au long voyage en mer et meurt une semaine avant l'arrivée du bateau en Angleterre.
Qu'importe, l'idée est lancée, l'Australie utilisera ses célèbres animaux pour faire sa promotion à l'étranger. Aujourd'hui, la star de la diplomatie australienne, c'est le koala.
 
Une grosse boule de poils a fait des miracles lors du dernier G20 à Brisbane, en novembre 2014. Jimbelung, dont le nom veut dire « ami » dans la langue aborigène de la région, a réchauffé l'atmosphère du sommet international, en pleine crise ukrainienne.
 
Al Mucci, le directeur général du département sciences du vivant du parc animalier Dreamworld, dans le Queensland, est celui qui a tendu le koala au russe Vladimir Poutine, comme à l'américain Barack Obama, et il l'assure, ça a changé l'ambiance :
 
« J'étais dans la pièce et je peux dire que les dirigeants du G20 se sont vraiment relâchés. Quand ils sont entrés, ils avaient l'air crispés, puis ils ont vu les koalas pendant environ une demi-heure, et après ça, ils avaient l'air détendus, ou en tout cas, plus détendus qu'avant. »
 
Mais d'où le koala tient-il son pouvoir magique ?
Pour Kevin Markwell, professeur associé en tourisme à l'université de la Croix du sud, en Nouvelle-Galles du Sud, le koala a deux atouts majeurs :
 
« On ne trouve des koalas qu'en Australie. Et c'est un animal charismatique, qui a l'air mignon, comme une peluche. Les koalas ressemblent un peu à des bébés : ils ont une grosse tête et leurs yeux sont placés sur le devant du visage, alors chez beaucoup de mammifères, les yeux sont sur les côtés. »
 
Et cette analyse est validée par Christine Lagarde, la directrice du FMI. Elle était également présente au sommet du G20 à Brisbane, et elle beaucoup aimé sa rencontre avec Jimbelung…
 
« Oh , petit bébé adorable ! Je vais repartir avec... »
 
Mais utiliser des animaux à des fins diplomatiques, est-ce bien moral ? Les koalas ne sont-ils pas fatigués de prendre la pose avec les grands de ce monde ?
Il n'y a aucune inquiétude à avoir, ce sont des animaux de captivité, très bien traités et habitués au contact humain, affirme le chercheur Kevin Markwell, ce que confirme Al Mucci :
 
« On limite les interactions avec les animaux à trente minutes par animal, par jour. Nous avons des règles et des règlements auxquels on obéit pour s'assurer que la priorité, ce sont les intérêts des animaux. »
 
Tout va bien, donc, pour les koalas en Australie. Mais qu'en est-il quand ils sont donnés en cadeau à des pays étrangers ?
Au parc animalier Dreamworld, chaque koala mange trois à quatre branches d'eucalyptus par jour, de deux espèces différentes. Or, certains pays n'ont pas d'eucalyptus. C'est le cas, par exemple, de Singapour, qui doit donc importer des feuilles, comme le raconte le chercheur Kevin Markwell :
 
« Les koalas ont été prêtés pour six mois et c'est Qantas qui achemine les feuilles d'eucalyptus. La compagnie aérienne australienne fait deux livraisons par semaine à Singapour. Il y a environ 20 ans, Qantas utilisait le koala dans ses campagnes de pub, donc cela fait en quelque sorte un lien avec son marketing d'avant. »
 
Sans eucalyptus, les koalas ne survivront pas. Et la menace est bien réelle, le changement climatique risque de bouleverser l'écosystème australien.
Un danger, dont le président américain est parfaitement conscient. Al Mucci raconte que Barack Obama lui a posé de nombreuses questions sur le sujet.
Peut-être que le koala australien sera la star des grandes négociations sur le climat à Paris, à la fin de l'année.
 

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