Le 19 novembre 2006, Cameron Doomadgee s'est fait arreter dans la matinee par les policiers de Palm Island. Il titubait sur la chaussee apres une nuit un peu arrosee et en voyant passer les policiers en route vers la maison d'un voisin qui avait frappe sa femme, Cameron n'a pas pu se retenir de lancer a l'un des deux policiers, un Aborigene, qu'il etait un "collabo". Cameron Doomadgee est enferme au commissariat eet y meurt 45 minutes plus tard. "The Tall Man" raconte comment la police du Queensland a produit des rapports incomplets sur cette nieme mort aborigene en detention, comment elle a couvert Chris Hurley, le policier qui a frappe Cameron au visage avant de s'affaler lourdement sur lui, ce qui a cause des blessures internes irreparables. Cameron avait eu l'audace d'envoyer un coup de poing au policier, le faisant sortir de ses gonds. Et comment la justice australienne a finalement conclu a un non lieu en faveur de Chris Hurley, provoquant des manifestations a Brisbane pour demander justice.
Tony Kravitz, realisateur de The Tall Man, en competition cette semaine pour le Grand Prix du FIFO 2013:
«Nous avons été très clairs dès le début avec tout le monde, on voulait faire un film équilibré, en présentant les faits le plus objectivement possible. Par exemple Chris Hurley est un personnage complexe et humain, bien qu’il soit responsable de la mort d’un homme en détention. Et le documentaire est intéressant parce qu’il rend compte de cette complexité morale. Et donc la plupart des témoins étaient heureux d’avoir l’occasion d’exposer leur point de vue.
J’ai été recruté par une société de production aborigène, Black Fella films. Donc ils ont une grande expérience des tournages dans les communautés aborigènes. Et le producteur, Darren Dale, étant lui-même Aborigène, ça a beaucoup facilité les premiers contacts, car j’étais d’abord vu comme un étranger blanc. Mais nous sommes allés plusieurs fois sur Palm Island sans filmer, juste pour faire la connaissance des gens. Et la famille de Cameron Doomadgee était heureuse de pouvoir parler, car jusqu’alors, il avait toujours été présenté comme « le défunt » dans les médias. Et nous, nous avons fait le portrait de l’homme, du père, de celui qui adorait le karaoke, et de ses liens avec sa famille.»
Ce qui m’a plu quand j’ai lu le livre, c’est qu’il n’était pas uniquement centré sur le procès de Chris Hurley, mais qu’il nous permettait d’élargir le sujet à deux cents ans de quasi guerre entre la police et les Aborigènes. A cet égard, le président du syndicat de la police fait un commentaire intéressant dans le film, quand il affirme que la police et les Aborigènes, sont deux minorités en souffrance en Australie. C’est un commentaire ahurissant puisque le pouvoir judiciaire et le pouvoir exécutif soutiennent les policiers, et en plus ils ont des armes. Mais ils se considèrent néanmoins comme des victimes ce qui justifient qu’ils se vengent sur les Aborigènes. Ça a toujours été comme ça par le passé, comme avec les premiers colons, qui avaient peur pour leur sécurité et justifiaient ainsi toutes les atrocités commises sur les Aborigènes. Et là encore, la police du Queensland a serré les rangs et protégé Chris Hurley, présenté comme une victime. A tel point que l’affaire a touché le sommet de l’Etat, le Premier ministre du Queensland.»